Michel-Édouard Leclerc annonce une baisse des prix des carburants
Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique E.Leclerc, a confirmé ce vendredi 10 avril 2026 sur RMC – BFMTV qu'une baisse des prix des carburants interviendrait dans les "3 à 5 jours". Toutefois, il a immédiatement tempéré cet optimisme en précisant que les tarifs ne retrouveraient pas les niveaux d'avant-guerre. "Ça devrait baisser, mais je vais être prudent, ça va baisser un petit peu aujourd'hui, mais ça va mettre 3 à 5 jours pour que les baisses se répercutent dans les stations", a-t-il déclaré.
Une baisse progressive due aux stocks pleins
Selon le dirigeant, cette temporalité s'explique par le fait que "les cuves sont pleines" actuellement. Il faudra donc attendre le renouvellement des stocks pour observer un impact significatif sur les prix à la pompe. Michel-Édouard Leclerc a refusé d'avancer un montant précis pour cette baisse, invoquant la volatilité des marchés pétroliers.
Total accusé de "profiteurs de guerre"
Le président d'E.Leclerc a vivement critiqué les pratiques de certains acteurs, pointant du doigt Total en particulier. "Total a fait un coup de génie, ils ont acheté toutes les cargaisons qui ne passaient pas par le détroit d'Ormouz, pas cher, et ils ont fait un milliard de surprofit", a-t-il affirmé. Il a ajouté : "Pendant des années, Total était deux centimes plus chers que nous, mais aujourd'hui, que le gouvernement obtienne qu'il bloque ses prix et soit moins cher que nous, on peut dire que Total se rachète une virginité".
Pas de retour aux prix d'avant-guerre
Michel-Édouard Leclerc a insisté sur le fait que la situation actuelle est le résultat d'une guerre économique. "Je pense que l'intérêt de ceux qui ont lancé cette guerre est qu'on ne retrouve pas le niveau d'avant. C'est une guerre économique. Il s'agissait de déstabiliser économiquement le système. L'intérêt de la guerre aujourd'hui, pour beaucoup d'oligarques, c'est le prix du pétrole", a-t-il expliqué.
Prudence sur les annonces et refus de renégociations
Concernant les actions gouvernementales, Michel-Édouard Leclerc a critiqué la méthode employée au début de la crise : "Avoir une ministre du commerce qui vient avec sa bagnole contrôler les prix dans les stations des grandes surfaces, ce n'est pas notre truc". Malgré tout, il a concédé qu'une baisse de 10 à 15 centimes pourrait survenir rapidement si les cours du baril ne repartent pas à la hausse.
Sur les risques de pénuries, il a évoqué des tensions possibles liées à la situation difficile des transporteurs. Enfin, il a fermement exclu toute relance des négociations commerciales avec les industriels, rappelant son engagement envers les consommateurs : "Je vis de l'intérêt des consommateurs. On a bien négocié, avec un taux d'inflation minimum. On s'est fait avoir pendant la guerre en Ukraine avec une inflation de 25% sur l'alimentaire, et je ne ferai pas la même erreur".



