Souveraineté numérique : Jamespot défie Microsoft 365 avec une alternative européenne
Jamespot propose une alternative souveraine à Microsoft 365

La souveraineté numérique est désormais au cœur du débat stratégique européen, portée par les tensions géopolitiques, les lois extraterritoriales américaines et la dépendance croissante aux géants du cloud. Pour Jamespot, pépite française de la digital workplace, le sujet se joue d’abord là où travaillent les collaborateurs : intranet, bureautique, communication interne, collaboration, intelligence artificielle. Offrir une alternative crédible à Microsoft 365 pour sortir du joug américain, c’est l’un des combats de la carrière d’Alain Garnier, PDG et fondateur. Il l’affirme : la souveraineté ne relève ni du réflexe idéologique ni du repli, mais d’une stratégie industrielle concrète. Entretien.

Quand on parle de souveraineté numérique, de quoi parle-t-on vraiment : d’un enjeu politique, économique, ou simplement de survie pour les entreprises ?

Alain Garnier : Aujourd’hui, on parle d’abord d’un sujet de dépendance critique. C’est la liberté de choix qui est en jeu. Cloud, IA, cybersécurité, digital workplace : si ces outils sont contrôlés par quelques acteurs dominants non européens, les risques sont très concrets : hausse unilatérale des prix, roadmap imposée (par exemple, Copilot intégré d’office au bundle Microsoft), exposition aux lois extraterritoriales, qui autorisent notamment les États-Unis à accéder à vos données, etc. Et dans le scénario extrême, le kill switch : des infrastructures entières bloquées. On l’a vu récemment avec les sanctions américaines envers les membres de la Cour pénale internationale dont tous les accès numériques ont été coupés : plus de mail, plus de carte bancaire, plus d’Airbnb… La souveraineté numérique, c’est d’abord la liberté de ne pas subir les décisions des autres.

Pourquoi mettre la digital workplace au cœur de ce combat ?

Parce qu’il s’agit véritablement du point de départ : le matin, sur quoi les collaborateurs se connectent-ils ? Leur messagerie, leur suite bureautique, leur intranet. C’est le socle de tout système d’information. Si demain cette couche devient inaccessible ou si son coût double brutalement, c’est toute l’activité de l’entreprise qui est impactée. C’est une infrastructure critique, au même titre que l’énergie ou les télécommunications. Aux dirigeants d’entreprise, je pose souvent une question simple : que se passe-t-il si vous perdez l’accès à votre environnement de travail numérique ? Un marché sain repose sur la possibilité de choisir, d’arbitrer, de remplacer. Comme je le disais, aujourd’hui, lorsque Google et Microsoft augmentent leurs prix simultanément pour rentabiliser leurs investissements massifs dans l’IA, les entreprises ont très peu de marge de manœuvre. C’est donc là que la souveraineté devient très concrète : elle se mesure dans la capacité à dire non. Or, il existe en Europe une dizaine d’acteurs capables de proposer une alternative sérieuse à Microsoft 365. Jamespot en fait partie : 400 000 utilisateurs, 20 ans d’expérience terrain, et nous avons d’ailleurs été lauréats France 2030 pour les suites bureautiques alternatives à Microsoft. Ce n’est pas un hasard. C’est la preuve qu’un autre chemin est possible. En tout cas, avec dix acteurs au lieu de deux, si l’un devient trop cher ou trop rigide, vous vous tournez vers un autre : les entreprises ne sont plus prisonnières d’un système. On a déjà vécu ce type de révolution en France dans les télécoms lors de l’entrée de Free, qui a rebattu toutes les cartes.

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Qu’est-ce qui freine encore l’adoption de ces solutions ?

Trois choses. D’abord, la force de l’habitude : le confort du “déjà-là” est une force redoutable. Pourtant, changer ses outils digitaux est souvent l’occasion de remettre à plat ses usages internes et de gagner en agilité. Cela oblige à sortir du pilotage automatique et de faire bouger les lignes. Ensuite, une méconnaissance réelle des solutions françaises et européennes : quand je présente Jamespot, des décideurs me répondent encore « ah bon, il existe vraiment une alternative ? » Et puis ce que j’appelle l’idéal de pureté : certains pensent qu’il faut tout remplacer d’un coup, ou ne rien faire. C’est une erreur. La souveraineté s’aborde par étapes. On peut, par exemple, arrêter Microsoft en gardant Salesforce, ou l’inverse. Il ne s’agit pas non plus de passer d’une dépendance américaine à une dépendance française, mais d’introduire de la diversité. Comme il est normal qu’il y ait des voitures américaines en France… à condition qu’il y en ait d’autres. Et qu’on arrête de faire comme si elles étaient la seule option viable du marché.

Comment Jamespot se positionne-t-il concrètement dans cet écosystème ?

Notre force, c’est la composabilité. Nous proposons une digital workplace complète, modulaire et enrichie par l’IA : un intranet pour la communication descendante, un réseau social pour la collaboration, une suite bureautique pour la productivité, ainsi qu’une plateforme multi-LLMs pour celles qui souhaitent accélérer sur l’IA. Rien n’est figé : chaque organisation déploie les briques dont elle a besoin, à son rythme, en commençant par la communication interne, la collaboration, ou encore la bureautique. La souveraineté n’est pas un grand soir, mais une trajectoire progressive de désensibilisation à la dépendance.

Certains secteurs sont-ils plus proactifs que d’autres sur le sujet de la souveraineté numérique ?

Public et privé, petite, grande ou moyenne entreprise, institution : tout le monde est concerné. Chez Jamespot, nous observons aujourd’hui trois dynamiques particulièrement fortes. La santé d’abord : les hôpitaux cumulent des besoins massifs de digitalisation et des exigences élevées de confidentialité. C’est un secteur en pleine transformation, et les besoins sont concrets : des établissements comme l’hôpital de Marseille font aujourd’hui le choix de plateformes souveraines comme Jamespot pour sécuriser leurs communications internes. Ensuite, les ETI industrielles, qui voient dans la digital workplace un levier d’attractivité RH autant qu’un outil de transformation interne. Enfin, le secteur public local (villes, agglomérations, collectivités) qui cherche activement à reprendre la main sur ses données et à sortir de la dépendance aux clouds américains.

La souveraineté numérique peut-elle devenir un vrai moteur industriel européen ?

Elle le doit. La législation française et européenne participe à la démarche, mais cela doit surtout se construire par une dynamique industrielle et un engagement des entreprises. Côté offre, la France est fragmentée : il y a des acteurs solides en cybersécurité, en IA, dans la digital workplace, mais pas encore un qui fait les trois. C’est d’ailleurs ce qu’a fait Microsoft : partir du logiciel, puis ajouter du cloud, puis de l’IA. Les acteurs européens doivent suivre cette logique d’intégration progressive : c’est le chemin que nous empruntons chez Jamespot, notamment sur l’IA avec le rachat de la solution Safebrain l’an dernier. Côté demande, l’accélération du changement doit aussi venir des chefs d’entreprise et responsables DSI. Qu’ils se demandent aujourd’hui qui sont leurs cinq premiers postes de dépense en outils numériques ? Si ces réponses sont 100 % américaines, c’est problématique. La vraie transformation viendra de choix concrets, au quotidien, afin d’initier un cercle vertueux de souveraineté numérique.

En définitive, la souveraineté numérique ne peut se décréter par la loi seule : elle se construit outil par outil, décision par décision, au sein des organisations. Face à la domination de Microsoft et Google, des acteurs comme Jamespot montrent qu’une alternative européenne sérieuse existe : modulaire, certifiée, et déjà adoptée par des centaines de milliers d’utilisateurs. Car l’enjeu dépasse la protection des données : c’est une question de liberté de choix. Comme le résume Alain Garnier, « Tant que l’outil central que vous utilisez chaque jour est américain, il est difficile d’envisager une vraie autonomie numérique». Car changer d’outil, c’est aussi changer de regard sur le numérique.

Contenu conçu et proposé par Le Point Services. La rédaction n’a pas participé à sa réalisation.