Le rugby amateur biterrois s'affirme avec le projet Horizon 2030 de l'association ASBH, qui compte 720 licenciés et ne cesse de prospérer. Ses dirigeants l'ont présenté ce vendredi 29 mai, au stade de Sauclières. Fort d'un budget de 1,8 million d'euros, le club mise plus que jamais sur la formation rugbystique et scolaire de ses pensionnaires, mais aussi sur l'inclusion, pour bâtir son avenir.
Un nouveau cap pour l'ASBH
Symbole majeur de l'ovalie biterroise, le vieux temple de Sauclières avait retrouvé ses plus belles couleurs rouge et bleu, ce vendredi 29 mai au soir. L'association ASBH y avait invité quelque 200 personnes qui ont découvert le projet "Horizon 2030" de l'association. Il marque l'entrée du secteur amateur de l'ASBH dans une nouvelle ère. L'association biterroise, qui porte les fondations de l'entité ASBH (auparavant ASB) depuis 1911 et compte 720 licenciés, poursuit sa croissance. Surtout, elle s'affirme comme l'un des clubs majeurs du paysage biterrois, voire des milieux ovales nationaux, que ce soit d'un point de vue sportif, économique, éducatif ou social.
Indépendance financière et modèle économique solide
"Nous ne devons rien à personne", insistent les dirigeants. Avec une force majeure : sa capacité à avancer seule, sans dépendre économiquement du secteur professionnel. Cette année, elle se reposait sur un budget de fonctionnement de l'ordre d'1,8 M€ (il est habituellement d'1,3 M€), avançant grâce à un modèle économique probant. "Nous faisons partie des trois seules associations, parmi les 30 structures professionnelles (Pro D2 et Top 14), qui ont présenté un bilan comptable positif en fin de saison", se réjouit Eric Freitas, le président de l'ASBH. "Nous avons la chance d'avoir un budget qui provient de plusieurs ressources, précise Christophe Chollet, le directeur de l'association. Dans la majorité des structures, si l'association est déficitaire, c'est le secteur pro qui paye. De notre côté, nous ne devons rien à personne, nous ne sommes liés au secteur pro que par le biais d'une convention. Il est important de comprendre que nous sommes complètement indépendants de la société commerciale qui gère, elle, l'équipe professionnelle et le centre de formation."
Une croissance continue depuis 2016
Depuis 2016, au-delà de la période Covid qui a coupé son élan, l'association ASBH fonctionne par cycles de quatre années et n'a cessé de croître : embauche d'un salarié (ils sont désormais huit), création d'un centre de loisir (ALSH), financement d'un campus lui permettant de passer la vitesse supérieure en matière de formation des jeunes… Le secteur amateur de l'ASBH est devenu un acteur majeur du rugby. "L'image de l'ASBH nous appartient et nous la crédibilisons grâce à nos actions, nous sommes respectés et respectables", précise Jean-Marc Libes, le président délégué de l'association.
Objectifs pour les quatre prochaines années
Ce vendredi soir, l'ASBH a présenté ses nouveaux objectifs pour les quatre années à venir. Bien entendu, la formation des jeunes, dans le but de les amener au plus haut niveau, demeure un cheval de bataille, d'autant qu'un rugbyman en devenir peut rapporter à son club en termes d'indemnités de formation lorsqu'il est recruté par un club professionnel au terme de sa formation.
Un diplôme supérieur à bac + 2
Sachant que, statistiquement, seulement 4 % des rugbymen percent au haut niveau : "Nous allons continuer à tout mettre en œuvre pour que le joueur soit bien et qu'il aille dans le même temps chercher un diplôme. C'est au cœur du projet", assure Christophe Chollet. L'ASBH œuvre ainsi en partenariat avec des collèges et lycées publics et privés de la ville où les joueurs disposent, entre autres, d'horaires aménagés. Elle entend aller encore plus loin en collaboration avec l'Université de Montpellier, l'UFR Staps : elle va proposer un enseignement supérieur à ses pensionnaires qui pourront, en plus de la formation ovale, passer un diplôme supérieur de niveau bac plus 2 avec des cours mis en place au sein même du campus ASBH.
Un acteur social de la ville
L'ALSH va aussi monter en puissance : "Il est important d'être un acteur social de la ville", ajoute Christophe Chollet. "Nous allons lancer le projet Acad & Sport qui permettra d'accompagner les jeunes lors de deux séances par semaine". "Cela permettra, par exemple, de les aider à faire leurs devoirs", se félicite Éric Freitas, le président de l'association ASBH. Une filière de rugby adapté a également été créée il y a un an pour les personnes en situation de handicap. Un dispositif que le club entend développer. Parce que l'association ASBH se repose sur "un projet qui crée un lien de vie autour du stade en mettant la ville en valeur où elle est devenue un acteur économique majeur", relève Eric Motta, le trésorier du club.
Une formation reconnue
Si l'association amène ses pensionnaires à rejoindre le haut niveau, cette année, faute de place au centre de formation qui dépend de la structure professionnelle, ils ont été nombreux à quitter le club. Six joueurs ont rejoint d'autres centres de formation et une dizaine ont intégré des clubs de Top 14 et de Pro D2.



