Combien coûte réellement la guerre menée par les États-Unis contre l'Iran ? L'estimation de 25 milliards de dollars avancée, mercredi 29 avril, devant les parlementaires américains par un haut responsable du Pentagone est déjà vivement contestée. Selon trois sources qui se sont exprimées dans CNN, ce chiffre ne prendrait pas en compte les dégâts importants subis par plusieurs bases américaines au Moyen-Orient durant les premières frappes iraniennes.
Une estimation contestée
Cette appréciation a été présentée par Jules Hurst III, contrôleur par intérim du Pentagone, lors d’une audition de la commission des forces armées de la Chambre des représentants, en présence du secrétaire à la Défense Pete Hegseth et du chef d’état-major interarmées Dan Caine. Devant les élus, Jules Hurst a expliqué que "la majeure partie" de cette somme avait été consacrée aux munitions, ainsi qu’aux opérations, à la maintenance et au remplacement de certains équipements.
Mais toujours selon CNN, la facture réelle, en intégrant la reconstruction des installations touchées et le remplacement du matériel détruit, se situerait plutôt entre 40 et 50 milliards de dollars. Au début du conflit, des frappes iraniennes menées dans le Golfe auraient gravement endommagé au moins neuf sites militaires américains en l’espace de 48 heures. Des installations situées au Bahreïn, au Koweït, en Irak, aux Émirats arabes unis et au Qatar auraient été touchées. À noter que des responsables du Pentagone avaient précédemment indiqué au Congrès que la guerre avait même coûté environ 11 milliards de dollars pour les six premiers jours seulement, selon CNN.
Des dégâts matériels importants
Toujours d'après la chaîne américaine, plusieurs systèmes radar critiques ont également été détruits. Parmi eux, le radar d’une batterie antimissile THAAD américaine stationnée en Jordanie, ainsi que des bâtiments abritant des équipements comparables sur deux sites aux Émirats arabes unis. Un avion de surveillance E-3 Sentry de l’US Air Force aurait aussi été détruit lors d’une frappe contre une base en Arabie saoudite. Le Pentagone reconnaît lui-même ne pas disposer d’une évaluation définitive. Lors de précédents points presse budgétaires, Jules Hurst a admis que le coût des réparations dépendrait du choix de reconstruire — ou non — certaines installations.
Des élus sceptiques
Au Congrès, plusieurs élus ont exprimé leur scepticisme : le démocrate Ro Khanna a jugé l’estimation de 25 milliards "totalement erronée" et Adam Smith, principal élu démocrate de la commission, a reproché au Pentagone de ne pas avoir tenu le Congrès informé du coût réel du conflit. De son côté, la représentante, démocrate également, Maggie Goodlander a dénoncé, elle, l’incapacité du ministère à fournir un décompte précis après deux mois de guerre.
Un enjeu qui dépasse le budget
Mais l'enjeu dépasse la seule question budgétaire rappelle NBC News. Le conflit a franchi cette semaine le seuil symbolique des 60 jours, délai au-delà duquel le War Powers Act de 1973 impose au président américain de solliciter l’autorisation du Congrès pour poursuivre les opérations militaires. Une loi que le chef d'État tente de contourner affirmant qu'il n'y a "pas eu d'échange de tirs entre les forces des États-Unis et l'Iran depuis le 7 avril 2026".
Jusqu’ici, le Sénat a rejeté à plusieurs reprises ces deux derniers mois des mesures visant à contraindre Trump à mettre fin à la guerre contre l'Iran. Une tentative de la Chambre des représentants d'adopter une résolution sur les pouvoirs de guerre a également échoué plus tôt ce mois-ci, à une voix près. Mais à mesure que la facture grimpe, le débat pourrait devenir plus difficile à contenir.



