Gibert obtient un redressement judiciaire de six mois
Le groupe Gibert, premier libraire indépendant de France, traverse une période difficile. Le tribunal des affaires économiques de Paris a accepté mardi sa demande de placement en redressement judiciaire pour une durée de six mois. Cette procédure vise à permettre à l'entreprise de se restructurer et de redresser la barre, notamment grâce à un virage stratégique vers la vente de livres d'occasion.
« Le tribunal a accepté la demande de mise sous protection du groupe Gibert pour une période de six mois », a annoncé l'entreprise. Durant cette période d'observation, Gibert poursuivra son activité tout en bénéficiant d'un gel de ses dettes et d'une garantie des salaires. Cette décision fait suite à l'annonce lundi de l'initiative du groupe, qui avait mis en avant ses difficultés financières et la nécessité de ce statut pour se restructurer.
Un modèle économique sous pression
Gibert exploite actuellement 16 magasins répartis dans 12 villes et emploie 500 collaborateurs. L'enseigne explique que son modèle actuel est « pris dans un effet ciseau entre l'explosion de ses coûts fixes (loyers, énergie) et le déclin du marché des livres neufs avec une compression des marges sur ce marché ». Cette situation a conduit le groupe à chercher des solutions pour assurer sa pérennité.
Le livre d'occasion comme levier de croissance
Pour se relancer, Gibert mise sur un virage stratégique autour du livre d'occasion. Ce marché est en pleine expansion, avec une croissance annuelle de 10 %, et offre une meilleure maîtrise de la chaîne de valeur et des marges. Actuellement, les livres d'occasion représentent 35 % du chiffre d'affaires du groupe. L'objectif est de doubler cette part d'ici 2029.
Cette décision illustre les difficultés rencontrées par les librairies indépendantes dans un contexte de recul global de la lecture et de concurrence accrue des sites de vente en ligne. Gibert espère que son nouveau cap stratégique lui permettra de retrouver une santé financière durable.



