Frédéric Lajoux : le pilote monégasque replonge au Grand Prix Historique
Frédéric Lajoux replonge au Grand Prix Historique

Ce devait être son dernier tour de piste. Lors de la précédente édition du Grand Prix de Monaco Historique, il y a deux ans, Frédéric Lajoux, au moment d’empoigner le volant d’une Surtees TS19 ex-Alan Jones quasi quinquagénaire (1976), nous avait confié qu’il s’agissait « très probablement » pour lui de l’ultime chevauchée en F1 vintage dans les rues de sa chère Principauté. Aussi quelle ne fut pas notre surprise de découvrir son nom sur la liste des concurrents de la série E. À 64 ans, l’insatiable Monégasque est reparti pour un tour de manège enchanté avec la même monture, ce vendredi.

« Vous avez dû vous dire “quel mytho ce Lajoux”, hein ? » lance-t-il en nous voyant débarquer à l’entrée du paddock, quai Antoine-Ier. Pas du tout. Promis, juré ! Fred, comment se fait-il que l’on vous retrouve aujourd’hui ici en train de jouer la prolongation ?

Un retour inattendu

Il y a deux ans, une fois coupée la ligne d’arrivée, je pensais vraiment avoir tiré un trait sur le Grand Prix de Monaco Historique. Mon coéquipier italien Marco Coppini m’avait proposé de prendre en main cette Surtees TS19 qu’il venait d’acquérir. Pas le temps de programmer un roulage avant le week-end ici, donc je me rends compte sur place, lors des essais libres, que l’auto est très mal réglée, hyper vicieuse, inconduisible ou presque. En très peu de temps, on arrive tout de même à trouver un compromis qui améliore la situation. De quoi obtenir le 8e chrono en qualif’ et finir 6e de la course sans me faire une chaleur à chaque virage… Voilà, dans ma tête, après quatre participations en F1, j’avais tourné la page. Je préférais me concentrer sur la F3 Classic, faire un championnat complet en visant haut.

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Et alors ? Un beau jour, mon ami et partenaire Jérôme de France (le fondateur de la société France Toner qui possédait l’Arrows A1B millésime 78 avec laquelle Lajoux a fini 7e en 2021 puis 4e en 2022 à Monaco, ndlr), m’a fait part de son souhait de réinvestir dans l’achat d’une F1 ancienne. Il voulait que je le conseille, que je le guide. Donc on a replongé ! Et après mûre réflexion, en début d’année, notre choix s’est porté sur la Surtees qui était à vendre.

Pourquoi la Surtees ?

Il y avait différentes pistes envisagées. Opter pour des grandes marques, Lotus, Tyrrell, Brabham, McLaren, Williams, ça coûte un certain prix. Assez cher. Là, le risque financier s’avère moindre. Et puis il y a le côté cœur qui pèse dans la balance. Le milieu des seventies, c’est la période où je sillonnais le paddock pour quémander des signatures aux pilotes et des stickers aux écuries. J’avais 14, 15, 16 ans… Alan Jones et sa Surtees, je les ai vus ici. Je m’en rappelle comme si c’était hier. Aujourd’hui, quand je prends place dans le cockpit, je me transporte à cette époque. Au sein de notre équipe italienne Historic Project, en parlant avec les uns et les autres, je retrouve l’état d’esprit de ce temps révolu. Je suis dans ma bulle d’oxygène, quoi !

Des objectifs mesurés

Quelle cible visez-vous ? J’espère faire un peu mieux qu’en 2024. L’auto me convient parfaitement maintenant. Réglée aux petits oignons… Mais les trois ou quatre gars qui jouent la gagne courent régulièrement en F1. Et ils sont engagés dans trois ou quatre séries ce week-end. Impossible d’avoir le même rythme qu’eux. Par conséquent, je serais satisfait de terminer dans le top 5. Le podium semble hors de portée à la régulière. Mais voyons ce qui se passe devant. On n’est pas à l’abri d’une bonne surprise.

Une retraite définitive ?

Au fait, cette fois, s’agit-il vraiment de votre dernière danse à domicile ? Ah non, je n’annonce plus rien ! Seule certitude : il y a deux autres GP historiques planifiés cette année, France (8-10 mai, au Castellet) et Italie (2-4 octobre, au Mugello). Après tout reste ouvert. Si nous gardons la voiture deux ans, peut-être qu’on cochera une fois de plus la case F1 ici en 2028.

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Et si vous pouviez choisir une F1 ancienne pour conclure cette trajectoire dans les rues de Monaco, laquelle serait l’élue de votre cœur ? En tant que pilote, je prendrais l’une des plus récentes admises au GP Historique. Sans doute la Tyrrell 012 (1983). Coque en carbone vachement basse, hyper fine… Un joyau de technologie ! Mais si c’est le cœur du fan qui décide, banco pour la McLaren M23 double championne du monde avec Fittipaldi (1974) et Hunt (1976). Voiture mythique. Un monument.