Dans un article publié dans Libération, les économistes Romaric Godin et Marlène Benquet analysent une tendance inquiétante : de plus en plus de secteurs de la finance trouvent un intérêt économique à des régimes d'extrême droite. Selon eux, cette évolution s'explique par la convergence entre les politiques économiques de ces régimes et les intérêts des acteurs financiers.
Une convergence d'intérêts
Les auteurs soulignent que les régimes d'extrême droite, souvent perçus comme protectionnistes ou autoritaires, peuvent en réalité offrir des avantages aux marchés financiers. Par exemple, la dérégulation des marchés du travail, la baisse des impôts sur les plus riches et la réduction des protections sociales sont des politiques fréquemment adoptées par ces gouvernements, ce qui favorise les investisseurs.
Des exemples concrets
Godin et Benquet citent des cas comme l'Italie de Giorgia Meloni ou la Hongrie de Viktor Orbán, où les politiques économiques ont été bien accueillies par les marchés. En Italie, le gouvernement a mis en œuvre des réformes favorables aux entreprises, tandis que la Hongrie a attiré des investissements étrangers grâce à une fiscalité avantageuse et une main-d'œuvre flexible.
Un phénomène global
Cette tendance ne se limite pas à l'Europe. Les auteurs mentionnent également le Brésil de Jair Bolsonaro et l'Inde de Narendra Modi, où les politiques économiques ont bénéficié d'un soutien financier important. Dans ces pays, la dérégulation environnementale et les privatisations ont ouvert de nouvelles opportunités pour les investisseurs.
Les risques pour la démocratie
Cependant, Godin et Benquet mettent en garde contre les conséquences à long terme. En soutenant des régimes autoritaires, la finance contribue à affaiblir les institutions démocratiques et à accroître les inégalités. Ils appellent à une prise de conscience des acteurs financiers sur les risques politiques et sociaux de ces alliances.
En conclusion, l'article de Libération met en lumière une évolution préoccupante où la recherche de profits à court terme pousse la finance à soutenir des régimes qui menacent les valeurs démocratiques. Une réflexion urgente est nécessaire pour éviter que ces intérêts économiques ne compromettent la stabilité politique et sociale.



