Fiasco du Grand Prix de F1 au Castellet : les élus de Sud Sainte Baume étrillent la gestion
Fiasco du Grand Prix de F1 au Castellet : les élus étrillent la gestion

Le retour du Grand Prix de France de Formule 1 sur le circuit du Castellet entre 2018 et 2022 est unanimement considéré comme un échec financier par les élus de la communauté d'agglomération Sud Sainte Baume. Réunis en séance communautaire le 29 juin, ils ont débattu du rapport d'observations définitives de la Chambre régionale des comptes, qui épingle sévèrement la gestion du Groupement d'intérêt public (GIP) chargé de l'organisation de l'événement.

Des retombées économiques inexistantes selon les élus

Frank Caramello, élu d'opposition de Castellet, a estimé que la commune hôte et ses environs n'ont « bénéficié d'aucunes retombées économiques et subi seulement les désagréments », notamment en termes de circulation. Ce sentiment a été largement partagé par l'assemblée.

Pierre Luciano, président de Sud Sainte Baume depuis trois mois, a rappelé le contexte : « À la base, c'était une bonne idée… par rapport à la nostalgie des grandes heures de la discipline, avec les Alain Prost, les Didier Pironi qu'on pouvait croiser sur le port de Bandol ou Sanary… » Mais il a rapidement nuancé : « Dès le départ, les dés étaient un peu pipés [car] l'organisation de cet événement ne pouvait pas être réalisée sans des subventions régionales, départementales, municipales, intercommunautaires… »

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102 millions d'euros d'argent public et une dette de 35 millions

Le président a révélé que les partenaires publics ont contribué à hauteur de 102 millions d'euros pour les quatre éditions du Grand Prix. Malgré cela, l'équilibre financier n'a jamais été atteint. « La FOM (la société organisatrice anglo-saxonne) avait trouvé un moyen pour absorber la plupart des recettes, laissant essentiellement les dépenses aux collectivités », a-t-il expliqué, pointant également des problèmes de marchés liés à des différences de procédures entre les Anglo-Saxons et les Français.

La note finale s'est élevée à 35 millions d'euros de dettes. Sud Sainte Baume a réglé sa part au GIP, soit 870 000 euros, un montant minoré grâce à l'intervention de l'ancien président Jean-Paul Joseph. « Aujourd'hui, nous ne devons plus rien, à part peut-être quelques milliers d'euros », a assuré Pierre Luciano, espérant une prochaine clôture de la liquidation du GIP.

Des factures incohérentes et des actions en justice

Muriel Fiol, élue d'opposition RN au Beausset, a dénoncé un modèle structurellement déficitaire : « Les administrateurs avaient accepté qu'il le soit. Et la belle ardoise laissée comporte des dépenses pour lesquelles il n'y a pas franchement de traces de facturations… cohérentes. » Elle a interrogé sur la solidarité de l'agglomération avec ceux qui contestent ces dépenses, soulignant qu'il s'agit d'argent public.

Pierre Luciano a répondu qu'un article 40 du Code de procédure pénale a été déposé par le Département, la Métropole et Sud Sainte Baume, et qu'une action en justice est intentée par le Département. « Nous sommes bien sûr solidaires. Mais je pense qu'il y a deux temps : celui de la liquidation, qui est urgent, et, ensuite, celui de la justice. »

Frank Caramello a exprimé l'espoir qu'un jour une partie de cet argent public soit rendue. Andrée Samat, conseillère départementale, a confirmé que les actions en justice ont déjà permis de faire baisser la facture de 5 millions d'euros.

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