Fermeture brutale de Trentetrois à Sète : 3 salariés en sursis
Fermeture brutale de Trentetrois à Sète

La société Trentetrois, spécialisée dans le recyclage de métaux et installée sur la zone industrielle des Eaux Blanches à Sète, doit cesser son activité au plus tard le 15 juin. Une décision brutale qui plonge les trois employés et l'agglomération dans l'incompréhension.

Un arrêt brutal annoncé aux salariés

Les employés ont appris la nouvelle il y a une semaine seulement. Leur entreprise, qui appartient au groupe italien Riva Acier après avoir été rachetée il y a trois ans à Derichebourg, doit être vidée de tous ses matériaux. « Tout doit être vidé, il ne doit rester que la dalle », explique l'un des salariés.

Le site recevait chaque jour entre 15 et 20 tonnes de déchets : réfrigérateurs, cumulus, ferraille, cuivre, zinc, laiton, et même des bonbonnes de protoxyde d'azote difficiles à recycler. Les professionnels et particuliers déposaient leurs métaux, qui étaient pesés, rachetés sur place, puis acheminés vers le siège à Salaise-sur-Sanne pour recyclage.

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Les salariés laissés dans l'expectative

Mardi dernier, le responsable du site et un représentant des ressources humaines ont annoncé aux salariés qu'il fallait fermer le portail : plus aucun fournisseur ne pourrait déposer ses déchets. Seuls les semi-remorques chargés d'évacuer les matériaux vers le siège sont autorisés à entrer. Les clients sont redirigés vers les concurrents, notamment le site Acor à Vauvert.

Un panneau « fermeture définitive » a été apposé sur la grille. Les salariés ont signé un message émouvant : « Nous sommes aux regrets de vous annoncer la fermeture définitive de notre site. Nous voulions vous faire part de notre profonde tristesse et vous remercier pour votre fidélité, votre sympathie et vos sourires. »

Les raisons de la fermeture

Selon nos informations, la direction a expliqué aux employés que cet arrêt brutal résultait d'une opération de préemption par l'Agglo du terrain que louait Trentetrois à son ancien propriétaire Derichebourg. Trentetrois n'ayant pu acquérir le foncier mis en vente, le groupe a préféré partir.

L'Agglo confirme : « Le terrain a fait l'objet d'une préemption par l'Établissement Public Foncier d'Occitanie, agissant pour le compte de l'Agglomération. Cette décision a été notifiée le 16 mars dernier. Dans le cadre de cette acquisition, il était expressément prévu que le bail commercial en vigueur soit maintenu. »

Le bail, signé en janvier 2023 pour 9 ans, ne devait pas expirer avant 2031. L'Agglo affirme n'avoir jamais demandé la résiliation de ce bail. « La décision de quitter les lieux relève de la seule responsabilité de l'entreprise concernée », insiste la collectivité.

Des salariés inquiets pour leur avenir

Les trois employés sont dans l'expectative. L'un d'eux a été embauché en CDI il y a seulement cinq mois. Des postes ont été proposés sur le site de Vauvert, mais cela implique un déménagement loin de leur lieu de vie actuel.

Le site internet de l'entreprise vantait pourtant les avantages environnementaux de la position sétoise : « Grâce à son implantation stratégique et à l'utilisation de transports multimodaux (fluvial, ferroviaire et routier), le groupe Riva renforce sa stratégie de décarbonation et vise la collecte de proximité et le travail en circuit court. »

Contactés, Trentetrois et le groupe Riva Acier n'ont pas répondu à nos sollicitations. L'Agglo espère qu'une nouvelle activité pourra se réinstaller sur ce terrain.

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