La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a présenté ce jeudi 28 mai 2026 une série de propositions chocs pour réformer en profondeur l'audiovisuel public français. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, elle plaide pour un « choc de simplification » qui passerait notamment par la suppression de certaines chaînes et une mutualisation accrue des moyens entre les différents acteurs du secteur.
Des propositions radicales
Parmi les mesures phares, Delphine Ernotte suggère la fusion des chaînes d'information en continu, la réduction du nombre de chaînes thématiques et la création d'une plateforme numérique unique pour l'ensemble du service public. Elle estime que ces réformes permettraient de réaliser des économies significatives tout en améliorant la qualité des programmes.
« Il faut sortir d'une logique de guichet et de saupoudrage des budgets », a-t-elle déclaré, ajoutant que l'audiovisuel public doit se concentrer sur ses missions fondamentales : l'information, la culture et la proximité.
Une mutualisation des moyens
La présidente de France Télévisions propose également une mutualisation des fonctions support (ressources humaines, juridique, informatique) entre France Télévisions, Radio France, l'INA et Arte. Cela permettrait, selon elle, de réduire les coûts de structure et de dégager des marges pour investir dans les contenus.
Elle n'exclut pas non plus une réduction des effectifs, mais assure que celle-ci se ferait sans licenciement sec, via des départs naturels et des reclassements.
Réactions mitigées
Les syndicats ont immédiatement réagi, dénonçant un « plan social déguisé » et une « attaque contre la diversité culturelle ». Du côté du gouvernement, le ministère de la Culture se dit ouvert à la discussion, mais rappelle que toute réforme devra être discutée au Parlement.
Les concurrents privés, comme TF1 et M6, voient dans ces propositions une tentative de recentrage du service public sur ses missions, ce qui pourrait réduire la concurrence sur le marché publicitaire.
Un calendrier serré
Delphine Ernotte souhaite que ces réformes soient engagées dès 2027, avec une mise en œuvre progressive sur cinq ans. Elle appelle à un large débat public sur l'avenir de l'audiovisuel public, avant le dépôt d'un projet de loi prévu pour l'automne 2026.
Ces propositions interviennent dans un contexte de tension budgétaire, où le financement de l'audiovisuel public est régulièrement remis en cause. La contribution à l'audiovisuel public (ex-redevance) a été supprimée en 2022, et son remplacement par une part de TVA n'a pas totalement comblé le manque à gagner.



