La Cour des comptes a publié un rapport alarmant sur les perspectives budgétaires de la France, estimant que l'année 2026 représente un "risque majeur" pour le déficit public. Selon l'institution, sans mesures correctives, le déficit pourrait atteindre 5,5 % du PIB en 2026, bien au-delà des prévisions gouvernementales.
Un dérapage annoncé
Dans son rapport annuel sur la situation des finances publiques, la Cour des comptes souligne que le déficit public devrait s'établir à 5,1 % du PIB en 2025, puis grimper à 5,5 % en 2026 si aucune réforme structurelle n'est mise en œuvre. Cette projection contraste avec l'objectif du gouvernement de ramener le déficit sous la barre des 3 % d'ici 2027.
Le rapport pointe plusieurs facteurs de risque : la hausse des dépenses liées au vieillissement de la population, la croissance atone des recettes fiscales, et l'absence de réformes majeures sur les dépenses sociales. "La France est confrontée à un défi budgétaire sans précédent depuis l'après-guerre", a déclaré Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, lors de la présentation du rapport.
Des recommandations fortes
Pour éviter ce scénario, la Cour des comptes préconise un ensemble de mesures : réforme des retraites, maîtrise des dépenses de santé, réduction des niches fiscales, et amélioration de l'efficacité de la dépense publique. Elle estime que des économies de 50 milliards d'euros sont nécessaires d'ici 2027 pour stabiliser la dette.
L'institution alerte également sur le contexte européen : la France doit respecter les nouvelles règles budgétaires de l'UE, qui imposent une réduction progressive du déficit. "2026 est une année charnière car elle conditionne la crédibilité de la France vis-à-vis de ses partenaires européens", ajoute Moscovici.
Réactions politiques
Le gouvernement a pris acte du rapport, mais a tempéré son alarmisme. "Nous sommes conscients des défis, mais nous avons déjà engagé des réformes structurelles", a répondu le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Cependant, l'opposition dénonce un "manque d'ambition" et réclame un plan d'urgence.
Le rapport intervient alors que la France fait face à une dégradation de sa note souveraine par les agences de notation, ce qui renforce la pression sur les finances publiques. La Cour des comptes insiste sur la nécessité d'agir dès 2025 pour éviter une crise budgétaire en 2026.



