Ce jeudi, l'Insee a annoncé que la dette publique de la France a augmenté à 3 536,1 milliards d'euros à la fin du premier trimestre 2026, pour s'établir à 117,5 % du Produit intérieur brut (PIB). Une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport au quatrième trimestre 2025, où le ratio de dette publique était de 115,7 % du PIB, a précisé l'Institut national de la statistique. La dette avait reculé de 23,6 milliards d'euros au quatrième trimestre 2025.
Deuxième déficit le plus élevé de la zone euro
Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1 % du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2 %). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.
Le gouvernement veut afficher une trajectoire vertueuse : il s'est fixé comme objectif un déficit à 5 % en 2026, avec une dette à 118,4 % du PIB, avant de ramener son déficit sous 3 % en 2029, avec une dette stabilisée à 118 % du PIB.
Pas de hausses d'impôts en 2027
Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement a promis d'éviter les hausses d'impôts dans le budget 2027. Il a missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027, qui devraient rendre leurs conclusions début juillet.
Dans le détail, au premier trimestre 2026, la contribution de l'Etat à la dette publique a augmenté de 66,3 milliards d'euros, après une baisse de 22,6 milliards d'euros au trimestre précédent. La contribution des divers organismes d'administration centrale à la dette a crû de 300 millions d'euros, après avoir reculé de 200 millions d'euros au trimestre précédent.
Dette locale et sociale en hausse
La dette des administrations publiques locales a augmenté également (+800 millions d'euros), mais moins fortement qu'au trimestre précédent où elle avait crû de 12,2 milliards d'euros. La dette des administrations de Sécurité sociale a elle aussi augmenté, de 8,2 milliards d'euros, contre une baisse de 13 milliards d'euros au trimestre précédent.
En réaction, le président du Sénat, Gérard Larcher (LR) a estimé jeudi à 6 milliards d'euros supplémentaires les nouvelles coupes budgétaires à réaliser pour tenir le budget 2026, après déjà 6 milliards d'économies annoncées en avril. « Nous allons avoir une réunion bientôt, pour faire le point » et « en plus des 6 milliards annoncés, il va falloir sans doute 6 milliards de plus », a déclaré Gérard Larcher sur Europe 1 et CNews.
Le coût de la guerre au Moyen-Orient
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit réunir prochainement un Comité d'alerte des finances publiques, pour annoncer de nouvelles coupes budgétaires afin de compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient. Gérard Larcher a précisé que le Sénat ferait des propositions « de principe » : « il faut préserver justice, sécurité, défense, ce sont les trois régaliens » mais s'interroger sur « le budget social ». « Il va falloir se poser la question de l'organisation, on ne peut plus rester dans cette situation », a-t-il averti.



