Les familles des victimes du crash du vol Rio-Paris, survenu en 2009, ont lancé un appel pressant à l'État français pour empêcher le pourvoi en cassation déposé par Airbus et Air France. Cet appel intervient après que la cour d'appel de Paris a reconnu en avril 2023 la responsabilité pénale des deux sociétés dans cette catastrophe aérienne qui avait fait 228 morts.
Un combat judiciaire de longue haleine
Depuis quatorze ans, les proches des victimes se battent pour que la lumière soit faite sur les causes de ce drame. Le vol AF447, qui reliait Rio de Janeiro à Paris, s'est abîmé dans l'océan Atlantique dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009. Après des années d'enquête, le procès s'est tenu en 2023, aboutissant à une condamnation historique d'Airbus et d'Air France pour homicides involontaires.
La décision de la cour d'appel
En avril 2023, la cour d'appel de Paris a confirmé la culpabilité d'Airbus et d'Air France, estimant que des négligences avaient conduit à l'accident. Les juges ont notamment pointé du doigt le dysfonctionnement des sondes Pitot et le manque de formation des pilotes. Cette décision a été saluée par les familles comme une victoire, mais elle est contestée par les deux entreprises, qui ont formé un pourvoi en cassation.
L'appel des familles à l'État
Les associations de victimes, réunies au sein du collectif « Entraide et Solidarité AF447 », ont adressé une lettre ouverte au président de la République et au Premier ministre. Ils leur demandent d'intervenir pour que l'État, en tant qu'actionnaire d'Air France et partie prenante dans le dossier, use de son influence pour retirer le pourvoi. « Nous ne comprenons pas comment l'État peut laisser ses propres entreprises entraver la justice », déclare une porte-parole du collectif.
Les arguments des familles
Les familles estiment que le pourvoi en cassation est une manœuvre dilatoire qui retarde la reconnaissance définitive des responsabilités. Elles craignent que ce recours ne conduise à un nouveau procès, prolongeant leur calvaire. « Nous avons besoin de tourner la page, pas de rouvrir les plaies », ajoute un père de victime. Elles soulignent également que la décision de la cour d'appel est solidement motivée et que les chances de succès du pourvoi sont minces.
La position d'Airbus et d'Air France
Airbus et Air France ont justifié leur pourvoi en affirmant qu'ils souhaitaient clarifier des points de droit. Selon eux, la reconnaissance de leur responsabilité pénale pourrait créer un précédent dangereux pour l'industrie aéronautique. Ils estiment que les conditions de l'accident relevaient davantage de facteurs humains que de défaillances techniques imputables aux constructeurs.
Le rôle de l'État
L'État français détient une participation significative dans Air France-KLM, ce qui lui confère une influence potentielle sur la stratégie juridique de la compagnie. Les familles espèrent que le gouvernement fera pression pour que le pourvoi soit retiré, au nom de la justice et de la compassion. « L'État ne peut pas être à la fois juge et partie », critique un avocat des parties civiles.
Les prochaines étapes judiciaires
La Cour de cassation devrait examiner le pourvoi d'ici la fin de l'année. Si elle le rejette, la condamnation deviendra définitive. Dans le cas contraire, un nouveau procès en appel pourrait être ordonné. Les familles redoutent cette perspective et multiplient les actions pour tenter d'infléchir la position des entreprises.
Un appel à la mobilisation
Le collectif de victimes appelle à une mobilisation citoyenne et médiatique pour soutenir leur cause. Des rassemblements sont prévus devant les sièges d'Air France et d'Airbus, ainsi que devant le ministère de la Justice. Ils espèrent ainsi sensibiliser l'opinion publique et faire pression sur les décideurs.
En attendant, les familles continuent de se souvenir de leurs proches disparus. « Nous ne lâcherons rien jusqu'à ce que justice soit faite », conclut la porte-parole. Le combat pour la vérité et la reconnaissance des responsabilités reste au cœur de leur démarche.



