Les conflits et l'instabilité de l'économie mondiale continuent d'éroder la confiance des ménages français. Celle-ci a connu une forte dégradation en avril, sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début de la guerre en Ukraine, a indiqué l'Institut national de la statistique (Insee) vendredi.
Une baisse record liée aux tensions géopolitiques
Dans un contexte de vives tensions géopolitiques avec la guerre au Moyen-Orient, l'indicateur qui mesure la confiance des ménages a perdu 5 points en avril à 84, après s'être déjà légèrement replié le mois précédent à 89. Ce niveau l'éloigne encore plus de sa moyenne de longue période (100 entre janvier 1987 et décembre 2025). Il tombe ainsi à son plus bas niveau depuis mai 2023.
Ces résultats sont « très probablement liés à la situation actuelle » au Moyen-Orient, a précisé Pauline Meinzel, cheffe de la division des comptes industriels à l'Insee. La baisse s'explique par la dégradation des réponses concernant « l'évolution future des prix, la situation financière future », a-t-elle ajouté.
Des ménages pessimistes sur leur situation financière
Concernant la situation financière future des ménages, le solde d'opinion perd sept points. La proportion de ménages qui estiment que les prix vont accélérer au cours des douze prochains mois augmente encore en avril, et le solde d'opinion associé atteint son plus haut niveau depuis avril 2022.
« On est un peu surpris de la forte hausse » concernant les perspectives sur les prix, et « les ménages réagissent très fortement, presque plus fortement qu'au moment du début de la guerre en Ukraine », note Pauline Meinzel.
Baisse des achats importants et de l'épargne
La part de ménages estimant opportun de faire des achats importants diminue également, note l'Insee. L'institut statistique observe aussi une baisse des opinions favorables en ce qui concerne la capacité des ménages à épargner. La proportion de ménages estimant opportun de le faire reste toutefois stable, et le solde d'opinion associé est bien supérieur à sa moyenne de longue période (39 en avril, contre 19 en moyenne de janvier 1987 à décembre 2025).
Craintes sur le niveau de vie et le chômage
Les ménages redoutent également une dégradation de leur niveau de vie, selon l'Insee, qui note que le solde d'opinion en la matière se dégrade fortement. Il perd six points et atteint son plus bas niveau depuis septembre 2022. L'enquête met également en exergue une remontée des craintes concernant l'évolution du chômage.
Plus la valeur de l'indicateur est élevée, plus elle traduit une opinion favorable des ménages concernant la situation économique. L'enquête de l'Insee est réalisée mensuellement auprès de quelque 2.000 ménages interrogés par téléphone.
Un climat des affaires également assombri
Cette publication intervient au lendemain de celle d'un autre indicateur, le climat des affaires, qui s'est aussi nettement assombri en avril. L'indicateur a reculé de trois points par rapport au mois précédent, traduisant les inquiétudes des chefs d'entreprises. Dans tous les secteurs, les perspectives d'activités se sont dégradées, notait l'Insee, notamment dans le commerce de détail et de la réparation automobile ainsi que dans les services. L'indicateur était stable dans le bâtiment et l'Insee observait également un léger rebond dans l'industrie.



