Depuis son installation à la tête de l’exécutif cogolinois il y a trois mois, la nouvelle municipalité dirigée par Isabelle Farnet-Risso examine minutieusement tous les aspects du dossier de concession avec la SAGEP avant de prendre une décision. Ce dossier, priorité absolue de la campagne électorale, s’avère d’une complexité juridique et financière redoutable.
Un engagement juridique corseté
La concession d’aménagement avec la Sagep, signée pour une durée de 10 ans sous l’ancienne mandature de Marc-Etienne Lansade, ne peut être dénoncée d’un simple claquement de doigts. Lors du conseil municipal du 23 juin, la maire a rappelé la chronologie : par délibération du 4 avril 2023, la commune a pris une participation au capital de la SPL Sagep, société d’aménagement publique. Puis, le 4 juillet 2023, le conseil a désigné la SPL comme concessionnaire d’aménagement pour les opérations du programme « Petite ville de Demain ».
« Ces décisions ont engagé la commune dans un mode de gouvernance et de conduite des opérations d’aménagement désormais effectif et opposable à la collectivité », a expliqué Isabelle Farnet-Risso. « Dans ce contexte, la commune est tenue d’assurer la présence au sein des différentes instances », comme le conseil d’administration et la commission d’appel d’offres. La délibération n°5, votée lors du conseil, porte d’ailleurs sur la désignation de représentants de la commune dans ces instances.
Un dossier hérité et complexifié
La concession avait déjà été remise en question sous la mandature provisoire de Christiane Lardat (juillet 2025 - mars 2026), qui avait suspendu les premiers travaux place de la République face à la contestation des commerçants. Par ailleurs, le 2 février 2026, le Préfet du Var a signifié à la commune le non-renouvellement du dispositif « Petite ville de demain », en raison de dysfonctionnements, ajoutant une couche de complexité.
La maire a précisé que la délibération votée « s’inscrit dans le cadre d’une démarche de continuité administrative et institutionnelle, qui ne préjuge pas des orientations qui pourraient être retenues par la municipalité à la suite d’une analyse approfondie de la situation juridique, financière et opérationnelle résultant des engagements antérieurement souscrits ».
L’opposition s’interroge sur la méthode
Pierre-Yves Tierce, tête de liste d’« Un Cap pour Cogolin 2026 » et aujourd’hui élu dans l’opposition, a interpellé la maire : « On entend bien qu’en trois mois, c’est un dossier complexe. Maintenant, c’est “LE” dossier prioritaire. Vous nous avez dit que votre volonté politique, c’est de sortir de cette convention. Quelle démarche a été entreprise ? Avez-vous rencontré la gouvernance de la Sagep ? »
Isabelle Farnet-Risso a répondu : « Nous procédons à une analyse approfondie. Concrètement, cela consiste à regarder toute l’évolution des projets, leur cadre juridique, les moyens engagés, ainsi que les démarches conclues. Aujourd’hui, avant de rencontrer la Sagep, j’ai besoin de connaître tous les détails. »
« Vous n’êtes pas dans le noir total, ce serait inquiétant. Je suis étonné que vous n’ayez pas rencontré la gouvernance de la Sagep, s’est étonné l’opposant. Il y a aussi des élus en face » pour amorcer une discussion, évoquant Jean-Louis Masson, président du conseil départemental et du conseil d’administration de la Sagep.
« Chacun sa méthode », a rétorqué la maire. « Vous, vous auriez peut-être rencontré la Sagep dès votre arrivée à la mairie, moi j’ai besoin d’être au courant de tout le dossier. Aujourd’hui, je n’ai pas tous les tenants et aboutissants. »
Le stade, un point de friction
L’opposant Arnaud Ferraro a fait remarquer que les élus ont récemment voté la rénovation du stade pour un montant de 1,2 million d’euros, alors que cette enceinte sportive se situe dans le périmètre d’actions de la Sagep (projet de 15 000 m² de bâti sur l’emprise des stades). Si le déplacement des stades aurait permis de l’urbanisation, la révision du PLU a reclassé cette zone en espace consacré aux équipements sportifs, a précisé la direction des services. Mais « les stades sont dans un zonage urbain, ce n’est pas un espace sportif », a rebondi Ferraro.
La maire s’est voulue catégorique : « La Sagep ne fera rien sans notre accord. »



