Le parti d'Eric Ciotti, Debout la France, cherche à imposer son programme ultralibéral au Rassemblement national (RN), selon des documents internes révélés par Libération. Cette stratégie vise à orienter la politique économique du RN vers davantage de libéralisme, en s'appuyant sur des propositions concrètes.
Des documents internes dévoilent la stratégie
Des notes internes, datées de mai 2024, montrent que Debout la France a élaboré un plan pour « contaminer » le programme du RN avec ses idées ultralibérales. Le document, intitulé « Propositions pour un programme économique de rupture », préconise une baisse massive des impôts, une réduction drastique des dépenses publiques et une dérégulation du marché du travail. Selon une source proche du parti, « l'objectif est de faire du RN le cheval de Troie de nos idées ».
Des propositions radicales
Parmi les mesures phares figurent la suppression de l'impôt sur la fortune, la baisse de l'impôt sur les sociétés à 15 %, et la fin des 35 heures. Le document propose également de privatiser une partie de la Sécurité sociale et de réduire les allocations chômage. « Si on ne se secoue pas la boîte à idées, on ne sert pas à grand-chose », aurait déclaré un cadre de Debout la France, cité dans les notes.
Une influence croissante sur le RN
Depuis plusieurs mois, les relations entre les deux partis se sont intensifiées. Des réunions secrètes auraient eu lieu entre des responsables de Debout la France et des conseillers de Marine Le Pen. Selon un sondage interne, 45 % des électeurs RN seraient favorables à des mesures ultralibérales, ce qui encourage cette stratégie.
Des réactions mitigées
Au sein du RN, cette offensive suscite des débats. Certains cadres, comme le député européen Thierry Mariani, se montrent ouverts à ces idées. En revanche, d'autres, plus proches de la ligne sociale du parti, expriment des réserves. « Le RN ne doit pas devenir le parti des ultra-riches », a confié un conseiller régional sous couvert d'anonymat.
Un pari risqué pour Ciotti
Pour Eric Ciotti, cette tentative de noyautage est un pari risqué. Son parti, crédité de 2 % des intentions de vote, cherche à peser sur la scène politique. Mais en s'alliant trop étroitement au RN, il pourrait perdre son identité. « Nous devons rester indépendants, mais nous pouvons influencer le débat », a déclaré Ciotti lors d'une réunion interne.
Des conséquences potentielles
Si cette stratégie réussit, le programme économique du RN pourrait devenir plus radical, ce qui pourrait effrayer une partie de son électorat. Selon un expert en sciences politiques interrogé par Libération, « un virage ultralibéral pourrait diviser le RN et le rendre moins attractif pour les classes populaires ». À l'inverse, cela pourrait attirer des électeurs de droite traditionnelle.



