À Chapecó, des ouvriers d'abattoirs sous pression : « Les entreprises voudraient qu'on soit des robots »
Chapecó : ouvriers d'abattoirs sous pression, « on veut des robots »

Dans la ville de Chapecó, au sud du Brésil, surnommée la capitale nationale des abattoirs, les travailleurs de l'industrie de la viande sont soumis à une pression constante. « Les entreprises voudraient qu'on soit des robots », témoigne un ouvrier, résumant le sentiment général. Les cadences infernales imposées par les géants de l'agroalimentaire poussent les employés à leurs limites physiques et psychologiques.

Des conditions de travail dégradées

Les abattoirs de Chapecó emploient des milliers de personnes, souvent issues des régions les plus pauvres du pays. Les journées de travail peuvent durer jusqu'à 12 heures, avec des pauses minimales. Les gestes répétitifs, la manipulation de carcasses lourdes et l'utilisation de couteaux tranchants entraînent un nombre élevé d'accidents du travail. « Nous avons des collègues qui se sont coupés les doigts ou qui souffrent de tendinites chroniques », raconte un syndicaliste.

La pression sur les cadences

Pour répondre à la demande mondiale de viande, les entreprises augmentent constamment les objectifs de production. Les ouvriers doivent abattre et découper un nombre toujours plus grand d'animaux par heure. Ceux qui ne suivent pas le rythme sont sanctionnés ou licenciés. « On nous menace de nous remplacer par des machines si on se plaint », confie une employée.

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Des conséquences sur la santé mentale

Au-delà des blessures physiques, le stress et l'épuisement sont monnaie courante. Des études locales montrent une augmentation des cas de dépression et d'anxiété parmi les travailleurs des abattoirs. « On travaille dans un environnement où la mort est omniprésente, cela finit par affecter notre psyché », explique un psychologue qui suit des employés.

Les syndicats en première ligne

Les syndicats tentent de résister à cette dégradation des conditions de travail. Ils réclament une réduction des cadences, des pauses plus fréquentes et une meilleure prise en charge des accidents. Mais face à la puissance des entreprises et à la précarité des travailleurs, les avancées sont lentes. « Nous nous battons pour que les ouvriers soient traités avec dignité », déclare un leader syndical.

Un modèle économique contesté

Le modèle de production intensive de viande est de plus en plus critiqué, non seulement pour son impact sur les travailleurs, mais aussi pour ses conséquences environnementales. Des organisations de défense des droits humains appellent à une réforme du secteur. « Il est temps de repenser notre rapport à la viande et de garantir des conditions de travail décentes », conclut un rapport récent.

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