CCI italienne de Nice : 15-20% d'entreprises italiennes sur la Côte d'Azur
CCI italienne de Nice : 15-20% d'entreprises italiennes

Une mission d'accélération et de médiation

Installée sur la Côte d'Azur depuis 1997, la Chambre de commerce italienne à Nice-Sophia Antipolis agit comme un accélérateur de business, un aplanisseur de difficultés et un amortisseur culturel. Reconnue par le gouvernement italien et l'État français, elle aide les entreprises, collectivités et régions italiennes à s'installer et à se développer sur le marché français, et inversement, comme l'explique son directeur général, Agostino Pesce, qui n'oublie pas non plus les Monégasques.

Parmi ses adhérents, on trouve des institutionnels, des collectivités, des communautés d'agglomérations, des régions, des organisations patronales, des chambres de métiers ou de commerce et d'industrie, ainsi que des écoles, universités et entreprises. « On compte une cinquantaine de mairies des deux côtés des Alpes et une centaine d'entreprises. Notre mission est de mettre en œuvre des actions communes, de faire émerger de nouvelles opportunités commerciales et de renforcer les chaînes de valeur stratégique entre les deux pays », énumère Agostino Pesce, que ce soit avec des opérations de communication, des salons, foires, formations et autres séminaires. Les activités de la chambre suivent exactement la feuille de route établie par le traité du Quirinal de coopération économique et financière, signé en 2021, qui vise notamment à faire avancer la coopération transfrontalière franco-italienne.

Un tissu économique dense et varié

Selon le Rapport France-Italie 2025 de l'Ambassade de France en Italie, l'Italie et la France comptent 4 000 entreprises opérant dans les deux pays, générant près de 400 000 emplois. Parmi elles, des géants comme STMicroelectronics (premier groupe européen de fabrication de semi-conducteurs, détenu à parts égales par les gouvernements italien et français, 49 500 collaborateurs), EssilorLuxottica (groupe né de la fusion du Français Essilor et de l'Italien Luxottica, leader mondial de verres ophtalmiques et lunettes, 206 500 salariés), ou encore Telespazio et Thales Alenia Space (fabricant européen de satellites, 11 400 employés).

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Ce que ces grands groupes recherchent en France ? Une stabilité politique. « En Italie, les lois changent souvent », résume Agostino Pesce. Il précise également : « On avait réalisé une étude il y a quelques années qui montrait qu'il y avait entre 15 et 20 % d'entreprises italiennes sur la Côte d'Azur. »

Un amortisseur culturel indispensable

Bien que voisins et partenaires commerciaux de longue date, la France et l'Italie ne sont pas à l'abri d'incompréhensions culturelles ou réglementaires. « Quand une entreprise veut s'installer en Chine ou en Amérique du Sud, elle sait que ça va être très différent. Mais elle ne s'y attend pas de deux pays frontaliers comme l'Italie et la France. Notre rôle est donc d'aplanir les difficultés grâce à notre connaissance opérationnelle des différents secteurs d'activité, de notre réseau… L'Administration française est compliquée mais celle italienne l'est encore plus ; il y a beaucoup d'interlocuteurs et ils changent souvent », admet le directeur général de la CCI italienne de Nice.

Il illustre ces différences par un exemple concret : « Quand Trenitalia veut faire des affaires en France, elle ira à Paris pour développer son activité. La SNCF, elle, devra parler à différents maires, régions, avec l'État, le ministère du Transport… L'entreprise française est cartésienne, organisée avec un projet clair, fait remarquer Agostino Pesce, celle italienne, l'est moins. L'entrepreneur se lance et après, il se débrouille pour résoudre d'éventuels problèmes. »

C'est là que les huit salariés de la CCI italienne interviennent. « On cherche la complémentarité et le meilleur que chaque pays offre. »

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Des disparités dans les nouvelles technologies

Le tissu économique italien est composé en majorité d'entreprises de moins de 50 salariés. Selon Agostino Pesce, l'autre différence notable se trouve dans le secteur des nouvelles technologies : la France compte 16 000 startups dans lesquelles sont investis 8 milliards d'euros, à comparer aux 12 000 jeunes pousses italiennes qui ne reçoivent que 1 milliard d'euros. Ces chiffres soulignent l'importance de la coopération transfrontalière pour stimuler l'innovation et les investissements.