CABBG/Tours : l'émotion du dernier match à damiers
CABBG/Tours : dernier match à damiers

Le 7 mai 2006 restera gravé dans la mémoire des supporters béglais. Pour leur dernier match sous le célèbre maillot à damiers, les joueurs du CABBG ont offert une seconde victoire dans ces play-off à leur public, privant Tours de la qualification. Retour sur une soirée chargée d'émotion.

Un adieu chargé d'émotion

Des larmes ont coulé à Musard. Tout le monde s'y était préparé depuis l'annonce du projet d'union avec le Stade Bordelais, mais le cœur a ses raisons que les réalités économiques du rugby moderne ignorent. Dans l'intimité du vestiaire, le manager Fonfon Miralles avait toutes les peines du monde à remplir sa dernière feuille de match. Il la gardera en souvenir, tout comme le ballon qu'il offrira à son petit-fils. Plus loin, c'était déjà l'heure des adieux. « Pensez à l'image que vous allez laisser pour cette dernière apparition », martelait le coach Frédéric Garcia. Les tee-shirts d'échauffement floqués « Damier un jour… Damier toujours » résumaient l'attachement des joueurs à ce maillot.

Une ambiance lourde dans les tribunes

Dans les tribunes d'André-Moga, l'ambiance était lourde, les yeux rougis. Seuls les Tourangeaux échappaient à l'émotion. Obligés de ne pas perdre pour valider leur billet pour les barrages, les protégés de l'ex-Béglais Christophe Reigt ne firent pas de sentiment. Mais les Béglais ne pouvaient pas perdre ce match historique, même sans enjeu sportif. Ils l'ont gagné au forceps, mais avec la fierté d'offrir une dernière victoire à leur public.

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Un match haché mais disputé

Dans ce contexte, le match n'a jamais atteint des sommets. Entre des Béglais fébriles et des Tourangeaux crispés, la partie fut hachée. La première période se résuma à un duel de buteurs entre Julien Lavie et Benoît Rieger, dont les parents sont voisins à Gujan-Mestras. L'ex-Stadiste et Béglais eut le dernier mot, concrétisant la domination de son pack. Le CABBG, sur le reculoir, ne vivait que de rapines, mais resta au contact à la pause (9-12).

Une seconde période sous tension

La seconde période ne fut pas plus alléchante. Les attaques avortaient au bout de trois passes, mais aucune équipe ne voulait lâcher prise. Lavie remit les compteurs à plat (12-12, 52e). Lisala vendangea un surnombre à l'approche de la ligne (61e). Mais le destin choisit son camp sur un long dégagement béglais : le rebond capricieux trompa l'arrière tourangeau. Gaultier, qui avait bien suivi, prolongea au pied avant de gagner son duel à la course pour aplatir en premier dans l'en-but. Lavie rata la transformation (17-12, 68e), laissant le CABBG sous la menace des hommes de Christophe Reigt, pour qui un nul suffirait. Mais les Béglais s'accrochèrent jusqu'au bout, avec la complicité involontaire de Benoît Rieger, qui rata deux pénalités en fin de partie.

Des témoignages poignants

« On a mis beaucoup de cœur pour finir sur une bonne note », souligna le flanker Laurent Hairabétian, les larmes aux yeux. « Notre pressing défensif a fini par payer. On ne pouvait pas perdre ce match. » L'histoire retiendra qu'ils l'ont gagné, et cela valut un dernier tour d'honneur sous l'ovation d'un public enfin libéré. « C'était un match particulier », confirma l'arrière Benjamin Bagate, qui eut le privilège de pénétrer en premier sur le pré avec Robby Mc Donald pour le dernier match de leur carrière à ce niveau. « Je pense au titre de 91. J'étais junior à l'époque. Je pense aussi à André Moga. J'ai commencé à l'école de rugby à Bègles. La boucle est bouclée. Je suis heureux que ça se termine par une victoire. On a fait honneur au maillot. » Un maillot qu'ils rangent désormais soigneusement au placard, avec des souvenirs plein la tête. La page peut se tourner.

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