Manuel Bompard défend la nationalisation de TotalEnergies : « tout à fait envisageable »
Bompard défend la nationalisation de TotalEnergies

Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise (LFI), a défendu ce mercredi la nationalisation de TotalEnergies, la jugeant « tout à fait envisageable et extrêmement rentable » pour l'État. Interrogé sur Franceinfo, le député des Bouches-du-Rhône a estimé que le groupe pétrolier, qui réalise des bénéfices records, devrait être contrôlé publiquement pour mieux répondre aux enjeux climatiques et sociaux.

Une proposition inscrite dans le programme de LFI

Cette proposition n'est pas nouvelle. Elle figure dans le programme de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) porté par LFI lors des dernières élections législatives. Manuel Bompard a rappelé que la nationalisation de TotalEnergies permettrait à l'État de « capter les superprofits » et de les réinvestir dans la transition énergétique et le pouvoir d'achat des Français.

Un contexte favorable selon Bompard

Le coordinateur de LFI a souligné que le contexte actuel est favorable à une telle mesure. Avec la flambée des prix de l'énergie et les bénéfices exceptionnels de TotalEnergies, qui a annoncé un bénéfice net de plus de 20 milliards d'euros pour 2022, la nationalisation serait « économiquement rationnelle ». Selon lui, l'État pourrait racheter le groupe à un coût inférieur à sa valeur réelle, compte tenu de la baisse récente du cours de Bourse.

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Les réactions politiques

Cette prise de position a suscité des réactions contrastées. Du côté du gouvernement, on a qualifié cette proposition de « démagogique » et « irréaliste ». Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a rappelé que la nationalisation n'était pas à l'ordre du jour et que l'État préférait une taxe sur les superprofits. À droite, on dénonce une mesure « anti-entrepreneuriale » qui ferait fuir les investisseurs.

En revanche, du côté des écologistes et des syndicats, l'idée est accueillie favorablement. Plusieurs organisations, dont la CGT, militent depuis longtemps pour une nationalisation du secteur de l'énergie afin de garantir un accès abordable à l'énergie et de financer la transition écologique.

Les modalités envisagées

Manuel Bompard a précisé que la nationalisation pourrait prendre la forme d'une acquisition par l'État de la majorité du capital de TotalEnergies, en utilisant des fonds publics ou en émettant des obligations. Il a également évoqué la possibilité de créer un pôle public de l'énergie regroupant EDF, Engie et TotalEnergies nationalisé. Cette structure permettrait de coordonner les investissements dans les énergies renouvelables et de maîtriser les prix pour les consommateurs.

Un débat qui divise

Le débat sur la nationalisation de TotalEnergies divise profondément la classe politique et l'opinion publique. Les partisans y voient un moyen de reprendre le contrôle sur un secteur stratégique et de lutter contre le réchauffement climatique. Les opposants mettent en avant les risques de mauvaise gestion et de désengagement des investisseurs privés.

Quoi qu'il en soit, la proposition de Manuel Bompard relance le débat sur le rôle de l'État dans l'économie et sur la nécessité de réguler les géants du pétrole. Alors que la crise climatique s'aggrave, la question de la propriété des entreprises énergétiques devient centrale dans le débat public.

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