CMA Media se sépare de ses chaînes locales BFM
Le groupe CMA Media, propriétaire de BFM TV, a annoncé la mise en vente de ses neuf chaînes locales BFM. Cette décision, confirmée par une source interne, vise à réaliser des économies significatives et à recentrer les activités du groupe sur ses médias nationaux.
Des chaînes déficitaires depuis plusieurs années
Les neuf chaînes locales, présentes dans des villes comme Paris, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse, Nice, Rennes et Strasbourg, accumulent des pertes financières depuis leur lancement. Selon un porte-parole de CMA Media, « ces chaînes n'ont jamais atteint l'équilibre financier, et leur modèle économique n'est plus viable dans le contexte actuel du marché publicitaire local ». Les pertes cumulées sont estimées à plusieurs millions d'euros.
Un marché publicitaire local en déclin
Le marché de la publicité locale, déjà fragilisé par la crise sanitaire, subit une pression croissante des plateformes numériques comme Google et Facebook. Les régies publicitaires locales peinent à attirer les annonceurs, ce qui rend difficile la rentabilisation des chaînes de proximité. « Nous devons nous adapter à un environnement médiatique en pleine mutation », a expliqué un dirigeant du groupe.
Quel avenir pour les salariés et les fréquences ?
La vente des chaînes soulève des inquiétudes pour les quelque 200 salariés concernés. CMA Media s'engage à « privilégier les solutions de reprise qui garantissent le maintien de l'emploi ». Les fréquences TNT pourraient être reprises par d'autres acteurs, comme des groupes audiovisuels locaux ou des chaînes nationales cherchant à étendre leur couverture.
Une stratégie de recentrage sur le national
Cette cession s'inscrit dans une stratégie plus large de CMA Media, qui souhaite se concentrer sur ses marques fortes : BFM TV, BFM Business et RMC. Le groupe a récemment investi dans le numérique et le développement de nouveaux formats, comme les podcasts et les vidéos courtes. « Nous voulons renforcer notre leadership sur le marché national de l'information en continu », a précisé le groupe dans un communiqué.
Les réactions des concurrents et des syndicats
Les syndicats de journalistes dénoncent une « logique purement financière » et craignent une perte de pluralisme dans l'information locale. De leur côté, les concurrents comme France 3 ou les chaînes locales indépendantes pourraient être intéressés par l'acquisition de certaines fréquences. « C'est une opportunité pour renforcer la présence des médias de service public sur les territoires », a estimé un représentant de France Télévisions.



