Si Marilyn Monroe chantait que les diamants sont les meilleurs amis des filles, ils ne sont plus ceux d'Anglo American. Le groupe minier britannique d'origine sud-africaine cherche depuis deux ans à se séparer de De Beers, le célèbre diamantaire, mais cette opération est freinée par une chute persistante des prix sur le marché de ces gemmes.
Une dépréciation répétée
Anglo American a laissé entendre, jeudi 5 février, qu'il envisageait de déprécier la valeur de sa participation de 85% dans De Beers pour la troisième fois en autant d'années. En février 2025, le géant minier avait déjà passé par pertes et profits 2,9 milliards de dollars (2,4 milliards d'euros) sur cet actif, en sus du 1,6 milliard effacé en 2024.
Un joyau qui perd de son éclat
Ce qui fut le joyau de la couronne d'Anglo American vaut sans doute encore moins que les 5 milliards de dollars de valeur résiduelle inscrits au bilan. Contrairement à l'or et à l'argent en proie aux flambées spéculatives, le diamant a perdu de son attrait, alors que le marché croule sous les surplus.
Les causes de la crise
Plusieurs facteurs expliquent cette situation difficile. La demande se tasse en Chine sur le marché du luxe, tandis que les droits de douane imposés par les États-Unis sur les marchandises venues d'Inde, premier exportateur mondial de diamants, pèsent sur les échanges.
La concurrence des pierres synthétiques
Surtout, le brillant naturel subit la concurrence croissante des pierres synthétiques, beaucoup moins chères. Cette évolution du marché remet en question la valeur traditionnelle des diamants naturels.
Vue de la mine de minerai de fer d'Anglo American Sishen, près de Kathu, en Afrique du Sud, le 22 novembre 2023. EMMANUEL CROSET/AFP