Ali Khalfaoui, avocat au barreau de Toulon, a été nommé 19e adjoint au maire de Toulon, en charge de la politique de la ville, de l'inclusion, du handicap, des ressources humaines et du dialogue social. À 51 ans, il revient sur un parcours qu'il qualifie lui-même d'« atypique », marqué par la persévérance et la résilience.
Des débuts modestes à la faculté de droit
Né en 1975 à Toulon, Ali Khalfaoui grandit dans les quartiers de la rue Saint-Vincent, la Visitation, les Œillets et le Port Marchand, entouré de ses cinq sœurs et de son frère. Si les études sont valorisées dans sa famille, le jeune Ali se passionne d'abord pour le football. Milieu de terrain talentueux, il joue à Bon Accueil, au Sporting puis à l'USAM. « J'avais certainement plus de chances de devenir footballeur qu'avocat », confie-t-il. Mais à 17 ans, une rupture des ligaments croisés met fin à sa carrière sportive. « C'est l'un des premiers tournants de ma vie », explique-t-il.
Après le collège, il est orienté vers un CAP secrétariat et un BEP comptabilité, qu'il obtient sans difficulté, avant de poursuivre avec un bac pro commerce. À 18 ans, il s'inscrit à la faculté de droit de Toulon, principalement pour faire plaisir à ses parents. « Au départ, je continuais surtout les études pour eux », reconnaît-il. Le déclic survient après l'obtention d'un DEUST : « L'idée de devenir avocat a cessé d'être une utopie. Je me suis rendu compte que j'étais largement à la hauteur. Alors j'ai rattrapé mon retard et j'ai compris que le travail pouvait compenser beaucoup de choses. »
De l'école d'avocats au barreau de Toulon
Licence de droit, puis Master 2 en droit des affaires : Ali Khalfaoui enchaîne les diplômes. Il échoue une première fois au concours d'entrée à l'école d'avocats de Marseille, mais réussit l'année suivante. Après 18 mois de formation, il prête serment en novembre 2007 devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence, devenant le premier diplômé de son entourage. Peu après, sa mère tombe gravement malade et décède. « C'est la plus grande douleur de ma vie », confie-t-il. Il met sa carrière entre parenthèses pour faire son deuil.
En juillet 2009, il s'inscrit au barreau de Toulon et débute comme avocat généraliste. Sa clientèle se développe grâce au bouche-à-oreille et à sa connaissance de la ville. « Je connais tout le monde, depuis toujours », sourit-il. Père de trois enfants, il conserve son sens de l'humour : « J'ai traversé des moments difficiles et le rire a souvent été une façon d'avancer. »
Un engagement local plus que politique
Son entrée en politique s'est faite presque par hasard. « Ce n'était pas vraiment dans mes projets, comme le métier d'avocat finalement », résume-t-il. Il rencontre Josée Massi pendant la campagne municipale, par le biais de connaissances communes. « J'ai immédiatement apprécié la personne et son engagement. C'est une femme humble, avec qui je partage des valeurs et une vision commune. Josée Massi est une femme qui est restée debout face à la tempête, ce qui démontre qu'elle est un bon capitaine. Aujourd'hui, je vois cela plus comme de l'engagement local que de la politique », explique-t-il.
Une anecdote illustre son parcours : lors de sa première séance au conseil métropolitain, Hélène Bill, maire de La Garde, vient le féliciter. Elle lui rappelle qu'elle était son institutrice en maternelle. « Je ne me souvenais pas d'elle, je devais avoir 4 ans. C'était un plaisir de penser ensemble à ce chemin. » Un moment qui résume l'histoire d'un enfant de Toulon devenu avocat, puis élu local, à force de travail.



