Aides carburants prolongées jusqu'à l'automne, annonce le Premier ministre
Aides carburants prolongées jusqu'à l'automne

Les aides ciblées mises en place en France pour amortir l'envolée des prix des carburants, conséquence de la guerre au Moyen-Orient, seront reconduites pour les mois à venir et, pour certaines, jusqu'à l'automne. Cette annonce a été faite jeudi 21 mai par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, lors d'une conférence de presse.

Un soutien financier renforcé

De nouvelles aides viendront compléter les dispositifs existants, qui concernent notamment les travailleurs "grands rouleurs", les transporteurs routiers, les agriculteurs, les pêcheurs, les très petites et moyennes entreprises (TPE et PME), ainsi que les entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP), ont précisé les membres du gouvernement présents.

"Nous allons aujourd'hui apporter un soutien d'1,2 milliard d'euros pour les travailleurs et entreprises qui en ont besoin", a déclaré le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel. Les mesures de soutien à venir s'élèveront à 710 millions d'euros, tandis que celles déjà mises en œuvre jusqu'à présent représentaient environ 470 millions d'euros.

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Des économies pour compenser

Le coût pour les finances publiques de la crise liée au conflit au Moyen-Orient sera supérieur à la prévision de six milliards d'euros établie par le gouvernement fin avril, a également indiqué David Amiel. Il a précisé que les aides seraient compensées par des économies et que l'exécutif mettrait à jour ses objectifs budgétaires d'ici fin juin.

Nouvelles mesures présentées

Parmi les nouvelles mesures, le plafond de la "prime carburant" facultative versée par les employeurs, qui fixe la limite d'exonération de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, sera porté de 300 à 600 euros. Les chauffeurs de taxi bénéficieront d'une aide à la location ou à l'acquisition d'un véhicule électrique, avec un prix maximal d'achat hors options relevé à 65 000 euros par véhicule.

Un conflit qui s'installe dans la durée

Les aides décidées par l'exécutif font suite à la flambée des carburants résultant du blocus par Téhéran du détroit d'Ormuz, principale route d'exportation pour des pays comme l'Arabie saoudite, l'Irak et le Qatar. Ce blocus est consécutif à la guerre contre l'Iran déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février.

"Force est de constater que, d'une manière ou d'une autre, cette guerre va durer, soit de manière froide comme on l'a actuellement, soit malheureusement avec une reprise des conflits et des frappes, ce qui est un scénario possible", a déclaré Sébastien Lecornu.

Évoquant "le scénario désormais le plus optimiste" d'un retour à la normale entre l'été et l'automne, le Premier ministre a aussi mentionné un scénario "noir", avec le risque d'une reprise des frappes et d'une destruction des sites de production d'hydrocarbures au Moyen-Orient. Il a précisé que le gouvernement ne retenait ni l'un ni l'autre. "L'urgence, c'est que l'activité économique tienne", a-t-il insisté.

Pas de baisse généralisée des taxes

Sébastien Lecornu a défendu le principe d'aides ciblées, faisant valoir que des mesures comme une baisse généralisée de la fiscalité sur le carburant seraient trop coûteuses pour les finances publiques. "Nous refusons toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité", a-t-il déclaré.

Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a renchéri sur France 2 : "Baisser les prix à la pompe, c'est inefficace et inéquitable. Je souhaite aider ceux qui sont en première ligne, les plus vulnérables. Baisser les impôts sur l'essence, c'est enrichir les pays producteurs."

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