L'UE classe les Gardiens de la révolution iraniens comme terroristes
UE : Gardiens de la révolution iraniens classés terroristes

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne sont parvenus, jeudi, à un accord pour placer les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes, après la répression meurtrière des manifestations en Iran. "Terroriste, c'est bien ainsi qu'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a commenté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Israël a salué une décision "historique", tandis que Téhéran l'a qualifiée d'"irresponsable" et "malveillante".

Sanctions contre 21 entités et individus

Les ministres des Vingt-Sept, réunis à Bruxelles, ont également décidé d'imposer des sanctions contre 21 entités et individus, dont le ministre iranien de l'Intérieur Eskandar Momeni et le procureur général Mohammad Movahedi Azad. Ces personnes pourraient voir leurs avoirs gelés et devenir persona non grata dans l'Union européenne.

Un impact limité mais symbolique

Le placement des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes, aux côtés de Daech, Al Qaïda et le Hamas, pourrait n'avoir qu'un impact limité, selon Le Monde, car ils étaient déjà sous le coup de sanctions européennes. Cette décision marque surtout un changement d'approche pour Bruxelles, qui avait jusqu'à présent privilégié le dialogue avec les dirigeants iraniens. La France, membre du groupe "E3" avec l'Allemagne et le Royaume-Uni négociant avec Téhéran sur son programme nucléaire, a longtemps été réticente à une telle mesure nécessitant l'unanimité des Vingt-Sept, avant de faire savoir mercredi dernier qu'elle y était désormais favorable.

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Répression sanglante des manifestations

Créée après la révolution de 1979 pour assurer la sécurité du régime théocratique iranien, cette unité d'élite placée sous les ordres de l'ayatollah Ali Khamenei supervise les programmes nucléaires et a étendu son influence au sein de l'armée et de l'économie. Depuis le déclenchement, le mois dernier, au Grand Bazar de Téhéran, des manifestations d'ampleur qui ont déstabilisé le régime des mollahs, ces forces de sécurité seraient responsables d'une répression sans précédent ayant fait plusieurs milliers de morts. De nombreuses personnes ont également été interpellées et transférées dans des lieux de détention secrets. "Ils arrêtent tout le monde, explique un militant iranien. Personne ne sait où ils sont emmenés ni où ils sont détenus. Avec ces arrestations et ces menaces, ils tentent d'injecter la peur dans la société." Ces rafles semblent destinées à empêcher toute résurgence significative de la contestation en diffusant un climat de peur, alors même que le pouvoir religieux est confronté à une pression extérieure croissante.

Pression américaine et menaces de guerre

L'éventualité d'une action militaire américaine contre la République islamique persiste depuis que le président Donald Trump a annoncé le déploiement d'une "armada" au Moyen-Orient. Mercredi, le locataire de la Maison Blanche a durci le ton en exigeant que l'Iran limite son programme nucléaire, avertissant qu'une future attaque américaine serait "bien pire" qu'une journée de frappes aériennes menées en juin dernier contre trois sites nucléaires. Donald Trump examinerait plusieurs options, dont celle de frappes ciblées. Les Gardiens de la révolution ont annoncé des exercices à munitions réelles dans le détroit d'Ormuz les 1er et 2 février. "Aujourd'hui nous devons être préparés à la guerre", a commenté le vice-président iranien Mohammad Reza Aref.

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