Cinq pays, dont le Royaume-Uni, la France, la Suède, l'Allemagne et les Pays-Bas, ont accusé Moscou d'avoir empoisonné l'opposant russe Alexeï Navalny avec une toxine rare, l'épibatidine, retrouvée dans des analyses post-mortem. Cette annonce a été faite samedi 14 février 2026 en marge de la conférence de Munich sur la sécurité.
Une toxine mortelle issue de la peau d'une grenouille
Le Foreign Office a indiqué qu'un travail collaboratif a confirmé, par des analyses de laboratoire, que l'épibatidine, une toxine présente dans la peau des grenouilles-dards d'Équateur, a été retrouvée dans des échantillons prélevés sur le corps d'Alexeï Navalny. Cette substance a très probablement entraîné sa mort.
Des accusations contre le Kremlin
La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré que seul le gouvernement russe avait les moyens, le mobile et l'occasion d'utiliser cette toxine létale contre Navalny durant son emprisonnement. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a ajouté que cet empoisonnement montre que Vladimir Poutine est prêt à utiliser l'arme chimique contre son propre peuple pour se maintenir au pouvoir.
Réactions et conséquences
Londres annonce qu'il va signaler l'empoisonnement à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), en tant que violation flagrante par la Russie de sa convention. Les cinq pays appellent Moscou à cesser immédiatement cette activité dangereuse.
Ces conclusions confirment la thèse défendue par la veuve de l'opposant, Ioulia Navalnaïa, qui avait affirmé en septembre dernier que son mari avait été empoisonné.
Le décès d'Alexeï Navalny
Alexeï Navalny, charismatique militant anticorruption et farouche opposant à l'invasion russe de l'Ukraine, est décédé à 47 ans en février 2024 dans des circonstances floues dans une colonie pénitentiaire en Arctique. Il purgeait une peine de 19 ans d'emprisonnement pour des accusations qu'il dénonçait comme politiques. Après sa mort, les autorités avaient refusé pendant plusieurs jours de remettre son corps à ses proches, ce qui a éveillé les soupçons de ses partisans qui accusent le pouvoir de l'avoir tué et de chercher à maquiller son meurtre. Ces accusations sont démenties par le Kremlin.



