Cécile Kohler et Jacques Paris témoignent de leur captivité en Iran sur France 2
Kohler et Paris décrivent leur captivité en Iran sur France 2

Les anciens otages français en Iran rompent le silence sur France 2

Pour la toute première fois depuis leur retour sur le sol français, Cécile Kohler et Jacques Paris ont accepté de s'exprimer à la télévision française, ce lundi. Invités phares du journal de 20 heures sur France 2, les deux anciens otages détenus en Iran ont livré un témoignage poignant et détaillé de leur longue captivité, une période marquée par un isolement extrême, des menaces constantes et ce qu'ils décrivent sans détour comme un « processus de déshumanisation » systématique.

Une arrestation et une détention sous le signe de l'arbitraire

Arrêtés en mai 2022 alors qu'ils s'apprêtaient à quitter le territoire iranien, Cécile Kohler, professeure de lettres âgée de 41 ans, et son compagnon Jacques Paris, enseignant à la retraite de 72 ans, avaient été condamnés à de lourdes peines pour des accusations d'espionnage. Ils ont finalement été libérés et assignés à résidence pendant cinq mois au sein de l'ambassade de France à Téhéran en novembre 2025, avant de pouvoir enfin regagner la France la semaine dernière, mettant un terme à un calvaire de plusieurs années.

Le récit d'une « torture blanche » méthodique

« À chaque interrogatoire, il y avait des menaces de mort », a confié Jacques Paris, décrivant une stratégie délibérée visant à désorienter les détenus et à les fragiliser psychologiquement de manière profonde. Il a également révélé avoir été privé de ses lunettes pendant toute sa détention, une privation présentée comme volontaire par ses geôliers, accentuant son isolement sensoriel.

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De son côté, Cécile Kohler a évoqué une privation systématique de tout repère, un processus allant jusqu'à lui retirer le livre L'Odyssée d'Homère après qu'elle l'eut appris par cœur. « Ça faisait partie du processus de torture blanche. C'est-à-dire : tout ce qui pouvait vous apporter un réconfort à un moment donné, vous en étiez privé à un autre moment pour vous mettre dans une situation d'insécurité psychologique permanente », a-t-elle expliqué avec émotion.

Tous deux ont décrit des conditions de détention « inhumaines » au sein de la tristement célèbre prison d'Evin, notamment un isolement prolongé, un éclairage artificiel permanent et l'impossibilité totale de distinguer le jour de la nuit. Pour tenir face à cette épreuve, ils affirment s'être appuyés sur la pensée de leurs proches et sur l'espoir ténu d'une libération future.

Des séquelles psychologiques et un engagement à témoigner

Symbole fort de leur détention, Jacques Paris a conservé le bandeau qu'on leur imposait sur les yeux à chaque sortie de leur cellule. « Au tribunal, on n'avait pas besoin de mettre le bandeau pour aller aux toilettes. C'était la première fois que j'allais aux toilettes sans bandeau depuis le début de mon incarcération et j'ai eu le sentiment qu'il me manquait quelque chose », a témoigné Cécile Kohler, illustrant l'impact psychologique profond de ces pratiques.

Malgré ces traumatismes, « nous ne sommes pas brisés, nous allons témoigner », a assuré avec détermination Jacques Paris, affirmant vouloir désormais transmettre un message d'espoir après cette expérience qu'ils qualifient unanimement de « cauchemar ». Reçus en audience à l'Élysée peu après leur retour, ils ont également exprimé leur immense soulagement et leur gratitude envers les autorités françaises ainsi qu'envers tous les soutiens qui se sont mobilisés durant leur longue détention. Une cérémonie officielle de décrochage de leurs portraits est d'ailleurs prévue à l'Assemblée nationale ce mardi, marquant symboliquement la fin de cette épreuve.

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