Le Hezbollah, autoproclamé « Parti de Dieu », a inscrit dans son manifeste de 1985 une haine farouche envers Israël, les États-Unis et la France. La tragédie du 18 avril dernier en est le rappel sanglant. Ce jour-là, le sergent-chef Florian Montorio a été tué dans le Sud-Liban, bastion de la milice chiite inféodée à Téhéran. Trois de ses camarades de la Finul ont été blessés, dont deux grièvement. Selon la ministre des Armées, Catherine Vautrin, ils ne sont pas des « victimes collatérales » mais ont été pris pour cible dans une embuscade.
Une réaction politique mesurée
Au ministère des Armées, on évoque un « groupe armé » sans le nommer. Le Quai d'Orsay, par la voix de Jean-Noël Barrot, réclame que « justice soit rendue », un vœu pieux dans un Liban où les assassins de Rafic Hariri ou les responsables de l'explosion du port de Beyrouth n'ont jamais été punis. Jean-Luc Mélenchon, quant à lui, se contente d'une condamnation générique. Pourtant, Emmanuel Macron a immédiatement pointé le Hezbollah sur X, et une source élyséenne confirme que son implication ne fait « aucun doute ». À l'état-major, on décrit un Sud-Liban déserté, où ne subsistent que des combattants israéliens et du Hezbollah.
La complaisance française en question
Le Hezbollah a fait du meurtre de Français une marque de fabrique, de l'attentat du Drakkar en 1983 à celui de la rue de Rennes en 1986. Pourtant, Paris persiste dans une fiction byzantine : distinguer une « aile militaire » terroriste d'une « aile politique » fréquentable. Hassan Nasrallah lui-même s'en moquait en 2013, suggérant que ses ministres appartiennent à l'aile militaire. L'Allemagne, elle, a interdit toute activité du Hezbollah sur son sol dès 2020. En France, cette complaisance perdure, malgré les preuves accumulées.
Un retour aux fondamentaux
Acculé dans le sud du Liban et exclu des pourparlers de paix menés par Washington, le Hezbollah renoue avec ses fondamentaux. Ses cibles n'ont pas varié, et la France figure toujours en tête de liste. « Nul ne pourra désarmer le Hezbollah », a déclaré l'un de ses dirigeants lundi. Pour les partisans d'un Liban souverain et en paix, il est temps de reconnaître clairement qui sont les ennemis. La mort de Florian Montorio est un rappel : avant d'être un acteur politique, le Hezbollah est une organisation terroriste, soutenue par l'Iran, qui continue de menacer la France et ses intérêts.



