Les Européens espéraient un sommet de l'Otan apaisé à Ankara, après avoir augmenté leurs dépenses de défense. Mais Donald Trump a dynamité la rencontre ce mercredi en évoquant plusieurs sujets de discorde transatlantique : le Groenland, l'Iran, le retrait des forces américaines d'Europe et le commerce. En quelques phrases, le président américain a fait voler en éclats les certitudes de ceux qui pensaient l'apaiser avec des promesses financières.
L'idée de renoncer à un sommet en 2026 gagne du terrain
Pour la première fois depuis longtemps, la déclaration finale du sommet, publiée mercredi, ne mentionne ni date ni lieu pour une prochaine réunion des chefs d'État et de gouvernement des 32 membres de l'Alliance. L'idée de ne pas tenir de sommet l'an prochain a gagné en popularité dans les rangs européens.
Des efforts financiers insuffisants pour Trump
Les alliés étaient arrivés à Ankara en se félicitant d'avoir augmenté leurs dépenses de défense de 139 milliards de dollars l'an passé et en annonçant de nouveaux contrats d'armement pour 50 milliards de dollars. Une bonne partie de cette somme, la moitié ou plus, va à l'industrie de défense américaine. Cela n'a pas suffi à calmer Trump, qui reproche à l'Espagne, l'Italie, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne de ne pas l'avoir soutenu dans sa guerre contre l'Iran.
Trump réaffirme sa revendication sur le Groenland
Le président américain a annoncé la fin de la trêve avec l'Iran après que celui-ci a ciblé trois navires commerciaux cette semaine près du détroit d'Ormuz. Il a réaffirmé sa revendication sur le Groenland, "qui devrait être contrôlé par les États-Unis et pas par le Danemark". Il a menacé de retirer les 80 000 soldats américains stationnés en Europe et décrété l'arrêt des importations américaines en provenance d'Espagne, gouvernée selon lui par "des gens mauvais, désespérants". "J'ai été très déçu par l'Otan", a-t-il déclaré.
La Première ministre danoise réplique fermement
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a vivement répondu : "Le Groenland n'est pas à vendre. Nous sommes un État souverain et nous attendons que chacun respecte notre intégrité territoriale." Plusieurs dirigeants nordiques lui ont apporté leur soutien. Le président finlandais Alexander Stubb a affirmé que "les affaires du Groenland sont entre les mains du royaume du Danemark".
Le dossier ukrainien relativement épargné
Seul le dossier ukrainien est resté en dehors de la querelle. Le président Volodymyr Zelensky, convié à Ankara malgré le blocage de sa demande d'adhésion, devait rencontrer Trump mercredi après-midi pour plaider pour des moyens antiaériens. Dans leur déclaration finale, les Alliés ont réitéré leur soutien à l'Ukraine et confirmé une aide de 70 milliards d'euros cette année, avec des montants équivalents promis pour l'an prochain.
Le Premier ministre belge, Bart De Wever, a déploré les critiques de Trump mais relativisé : "Ça fait 80 ans qu'on dépend de l'Otan et des États-Unis pour notre sécurité." Malgré tout, les divisions affichées à Ankara ne sont pas de nature à faire fléchir Vladimir Poutine.



