Les effets de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl se font toujours ressentir en France, plusieurs décennies après l'accident. Selon l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), la radioactivité mesurée dans les sols et certaines denrées alimentaires demeure « plus élevée qu'ailleurs » dans plusieurs régions françaises, notamment les Vosges, l'Alsace et l'est de la Corse.
Des zones de rémanences élevées identifiées
L'ASNR a constaté une plus forte présence de radioactivité dans les sols, les herbages, le lait, les fromages et la viande bovine provenant des « zones de rémanences élevées » (ZRE) situées en France métropolitaine. Ces zones incluent les Vosges, l'Alsace, la vallée du Rhône, le Puy-de-Dôme, l'est de la Corse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Pyrénées-Atlantiques. L'organisme note toutefois une « diminution des concentrations de césium 137 et de strontium 90 » depuis plusieurs décennies, notamment dans les sols, le lait et la viande bovine.
Les denrées forestières particulièrement touchées
En revanche, les denrées forestières comme les champignons et les viandes de gibiers peuvent conserver « des niveaux élevés de césium 137 durant des années ». L'ASNR précise que dans les forêts concernées, la radioactivité « présente une très grande variabilité spatiale, y compris à l'échelle d'une même commune ».
Un risque d'exposition plus fort dans les espaces naturels
Dans un rapport publié en 2025, l'ASNR estimait qu'en 2020, la « dose efficace moyenne due aux retombées de l'accident de Tchernobyl » en France était « de l'ordre de 1 microSievert par an » pour un adulte résidant en ville, travaillant en intérieur et ne consommant pas de champignons sauvages ou de gibiers. Cependant, cette dose pouvait monter jusqu'à 20 microSieverts dans les communes où les dépôts radioactifs de mai 1986 ont été les plus importants, « si la personne passe plusieurs heures par jour » dans « des espaces naturels ou boisés ».
À titre de comparaison, la valeur limite d'exposition aux rayonnements ionisants est d'1 millisievert (soit 1.000 microSieverts) par an pour le grand public, selon l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Un aller-retour Paris-New York en avion représente une exposition de 80 microsieverts, et une radio du thorax de 58 microsieverts.



