Des progrès, mais pas encore d'accord. Les discussions ont abouti sur de nombreux points d'un éventuel protocole d'accord avec les États-Unis, a indiqué ce lundi 25 mai le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei. Cela ne signifie pas pour autant que l'Iran est sur le point de signer, a-t-il précisé. Téhéran négocie en vue de mettre fin au conflit mais ne discute pas actuellement de son programme nucléaire, a-t-il par ailleurs ajouté.
Donald Trump a pour sa part assuré dimanche qu'il n'y avait pas d'urgence à sceller un accord avec l'Iran, après avoir assuré la veille que Washington et Téhéran avaient posé les bases d'un protocole d'entente pour mettre fin à leur conflit. "Le temps est de notre côté", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "Les deux camps doivent prendre leur temps et faire les choses convenablement", a-t-il complété.
Des détails encore flous
On ignore à ce stade les détails précis du mémorandum d'entente sur un accord de paix, évoqué par plusieurs médias américains et iraniens. Si les contours tardent à être dévoilés, c'est notamment parce que les responsables iraniens autorisés à travailler avec l'administration Trump ont des difficultés à communiquer entre eux au sein de leur propre système gouvernemental, comme le relate CBS. Selon le média américain, qui a interrogé deux responsables américains sous le couvert de l'anonymat, lorsque les États-Unis envoient des propositions détaillées, la difficulté à joindre le Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei peut entraîner un long délai avant que les États-Unis ne reçoivent une réponse.
Un labyrinthe de courriers
Le dirigeant iranien, blessé lors des frappes américaines et israéliennes de l'opération "Fureur épique" mais dont on ignore précisément s'il est gravement blessé, ou plus légèrement, et quelle est la nature de ses blessures, prend des mesures extrêmes pour éviter des frappes similaires à celles qui ont tué son père, l'ayatollah Ali Khamenei. Même les plus hauts responsables du gouvernement iranien ignorent où Mojtaba Khamenei se trouve et n'ont aucun moyen de le contacter directement. Il n'a fait aucune apparition publique officielle depuis le début de la guerre. Selon des responsables américains au fait de la situation, le Guide suprême iranien est retranché dans un lieu tenu secret, avec peu d'accès au monde extérieur et n'est joignable que par un labyrinthe de courriers. Début mai, CNN indiquait également qu'il ne parle qu'avec les personnes qui lui rendent visite ou par courrier, ce qui n'aide pas à sa localisation.
Le plus haut dignitaire iranien n'est pas le seul à faire preuve d'une précaution extrême : la plupart des dirigeants iraniens ne voient pas la lumière du jour, passant des semaines à l'intérieur de bunkers hautement fortifiés et évitant de se parler sauf en cas d'absolue nécessité, ont indiqué les sources contactées par CBS.
Des réponses qui tardent
Les messages transitent donc par un réseau de courriers mis en place pour dissimuler la localisation du dirigeant suprême. "C'est pourquoi on entend des gens dire des choses comme : 'Le Guide suprême a approuvé le cadre' ou 'Nous attendons une réponse concernant les points finaux de l'accord'. Chaque information qu'il reçoit est datée et ses réponses tardent beaucoup", a déclaré un responsable américain à CBS.
Selon un haut responsable de l'administration, le Guide suprême aurait approuvé les grandes lignes du projet d'accord actuel avec Washington. Mojtaba Khamenei aurait communiqué en termes généraux à ses subordonnés, leur donnant des instructions sur les questions sur lesquelles ils peuvent négocier et celles qui ne doivent pas être abordées. Le flou sur la santé de Mojtaba Khamenei ne permet pas aux Américains de comprendre précisément le fonctionnement du régime iranien, fracturé par la mort de nombreux hauts dignitaires. "Leur système reste très fragmenté et il est aussi dysfonctionnel, ce qui peut constituer un frein", a indiqué début mai le secrétaire d'État américain Marco Rubio.



