Édito : Un monde fou, plus que foot, à l'aube du Mondial
Édito : Un monde fou, plus que foot

On aurait aimé entonner joyeusement « le monde est foot, foot, foot, voyez-vous » en ce jour de coup d’envoi d’un des plus grands événements festifs de la planète. Malheureusement, comme dans la chanson originelle de Pauline Ester, en 1990, le monde est fou. Littéralement.

Un contexte de tristesse et d'indignation

On espérait voir s’ouvrir une lucarne de bonheur avec cette compétition, alors que notre pays est plongé dans une profonde tristesse, une légitime incompréhension, une sincère indignation, après le meurtre de la jeune Lyhanna, qui déchire les cœurs. Et qui agrège toutes les colères précédentes face à la pédocriminalité et aux violences intrafamiliales, à ces paroles de femmes, d’enfants, trop longtemps ignorées. Le monde est fou.

Des craintes intérieures et des restrictions

Ce petit filet d’insouciance au milieu de la brutalité de notre époque semble pourtant déjà terni par nos craintes intérieures. En France, à la suite des débordements provoqués par la victoire européenne du PSG, des mairies renoncent aux fan-zones et réinstaurent un couvre-feu pour les mineurs afin de protéger au mieux les populations. Le monde est fou.

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Des polémiques internationales

Du côté de l’organisation, en Amérique, on refuse des visas de supporters, d’officiels, de participants. Et pas que pour la « Team Melli » iranienne, que l’on se doute révulsée par les exactions du régime envers son peuple. Dernier scandale en date : le Somalien Omar Artan, élu meilleur arbitre d’Afrique l’an dernier, s’est vu refoulé à peine un pied posé sur le sol étasunien, malgré sa « sélection officielle » ainsi que des papiers en bonne et due forme. Peu étonnant quand on se souvient que Donald Trump a traité, en début d’année, les habitants de Somalie de « déchets ». Le monde est fou.

La responsabilité de la Fifa

Reste, à ce niveau international, la responsabilité de la Fifa et de son président, Gianni Infantino – qui avait assuré que tous seraient les bienvenus –, pointé du doigt dans ces coups pas très francs de boutoir contre ce rendez-vous se voulant fédérateur. La Coupe du monde porte-t-elle vraiment bien son nom ? Quand celui-ci est plus fou que foot, les valeurs du sport devraient unir plutôt que diviser.

Un appel à l'unité

Souhaitons donc que le rêve, bleu ou pas, prenne enfin le pas sur la géopolitique. Sur le terrain du vivre et du vibrer ensemble. Du jeu. Beau. Vrai. Universel.

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