L'ONU déplore près de 8.000 morts de migrants en 2025, un échec mondial persistant
8.000 morts de migrants en 2025 selon l'ONU, un échec mondial

Un bilan tragique qui persiste malgré les alertes

L'Organisation des Nations unies a publié ce mardi un décompte macabre qui illustre une tragédie humanitaire continue. En 2025, environ 7.900 migrants ont perdu la vie ou ont été portés disparus sur les diverses routes migratoires à travers le monde. Ce chiffre alarmant s'accompagne d'une estimation supplémentaire de 1.500 personnes potentiellement disparues et présumées mortes, ce qui alourdit considérablement le bilan.

« Les près de 8.000 décès enregistrés en 2025 marquent la poursuite et l'aggravation d'un échec mondial à mettre fin à ces décès évitables », déplore avec force l'Organisation internationale pour les migrations dans son rapport annuel consacré à cette question cruciale. Depuis 2014, année où cette organisation a initié la collecte systématique de données, le nombre total de migrants décédés ou disparus dépasse désormais les 80.000 individus, un chiffre qui souligne l'ampleur et la durée de cette crise humanitaire.

La Méditerranée, épicentre de la tragédie migratoire

L'année 2024 avait établi un record sinistre avec 9.200 décès ou disparitions enregistrés. La légère baisse observée en 2025 « est liée en partie à une diminution réelle du nombre de personnes qui tentent d'emprunter des routes migratoires irrégulières et dangereuses », particulièrement sur le continent américain, selon les analyses de l'OIM. Cependant, l'organisation basée à Genève met en garde : « Mais elle s'explique aussi par les restrictions financières imposées aux acteurs humanitaires qui documentent les décès de migrants sur les principaux axes de migration ».

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Le rapport détaillé révèle que les 3.400 morts et disparitions recensés sur les routes maritimes menant vers l'Europe ont représenté l'an dernier 43 % du bilan mondial pour 2025. La Méditerranée centrale est restée l'an dernier la route de migration la plus meurtrière au monde avec une majorité de décès confirmés s'élevant à 1.330 personnes, selon les données précises de l'OIM. Elle est suivie de très près par la route Afrique de l'Ouest/Atlantique vers les îles Canaries espagnoles, où plus de 1.200 morts ont été vérifiées et documentées.

L'Asie confrontée à une situation sans précédent

« L'Asie a enregistré un nombre de décès sans précédent, parmi lesquels des centaines de Rohingyas et d'Afghans, ce qui montre que ceux qui fuient les conflits et les persécutions continuent d'être exposés à des risques mortels », a déclaré avec gravité Maria Moita, directrice du département Réponse humanitaire à l'OIM, lors de la présentation officielle du rapport à Genève. Cette déclaration met en lumière la vulnérabilité extrême des populations fuyant les zones de conflit et les persécutions systématiques.

Le continent américain présente quant à lui un tableau contrasté, avec une chute spectaculaire du nombre de décès enregistrés, passant de 1.272 en 2024 à seulement 408 en 2025. « Cela ne signifie pas que la migration est devenue plus sûre dans la région », a immédiatement tempéré André Garcia, une autre responsable éminente de l'OIM. « Nous continuons de constater des décès de migrants dans toute la région, et le fait que nous soyons peut-être moins en mesure de les recenser actuellement ne signifie pas qu'ils ne se produisent pas ».

Les politiques migratoires et l'opacité des données

« Plusieurs facteurs ont conduit à l'évolution spectaculaire des flux migratoires en Amérique latine et dans les Caraïbes, le premier étant le changement radical de la politique migratoire de l'administration américaine et la fermeture de la frontière sud », a expliqué en détail Maria Moita. Cette transformation politique majeure a indéniablement modifié les dynamiques migratoires dans toute la région.

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Mais la baisse apparente des chiffres s'explique également par « des retards dans la communication des données », selon les précisions apportées par l'OIM, qui souligne avec insistance que « ce dernier facteur est particulièrement vrai pour la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, où les données de fin d'année sur les décès de migrants n'ont été communiquées par aucun des deux pays ». Cette opacité statistique complique considérablement l'évaluation précise de la situation réelle.

La directrice du département Réponse humanitaire au sein de l'organisation a fermement souligné qu'« une diminution des arrivées à un endroit donné ne signifie pas que moins de personnes se déplacent, ni que la migration est devenue plus sûre. Dans de nombreux cas, les risques deviennent simplement moins visibles ». Depuis le début de l'année en cours, l'OIM a déjà enregistré 1.723 personnes mortes ou portées disparues sur les routes migratoires, ce qui présage malheureusement d'une année 2026 tout aussi tragique si des mesures concrètes ne sont pas rapidement mises en œuvre à l'échelle internationale.