Une nouvelle frappe ukrainienne cible le pont de Crimée
L'Ukraine a de nouveau réussi son coup en frappant, dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 juin 2025, le pont de Crimée, une infrastructure stratégique reliant la péninsule annexée à la Russie. Cette attaque, la troisième du genre après celles de 2022 et 2023, a été menée par le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) à l'aide d'explosifs placés sous l'eau sur les piliers du pont.
Le SBU a précisé dans un communiqué avoir fait détoner 1 100 kg d'explosifs en début de matinée, endommageant des piliers de cet ouvrage à la fois routier et ferroviaire. L'opération, préparée depuis plusieurs mois, a été qualifiée de "unique" par les autorités ukrainiennes. Des images vidéo diffusées par le SBU montrent une explosion près de l'un des piliers. Reuters a confirmé que la partie de la structure visible sur la vidéo correspond à des images satellitaires et d'archives, mais n'a pas pu vérifier la date de la vidéo de manière indépendante.
Les autorités russes ont annoncé que le pont, qui enjambe le détroit de Kertch, avait été fermé pendant environ trois heures, de 4 h 00 à 7 h 00 locales, sans fournir d'explication. Elles ont ensuite déclaré que le pont avait rouvert normalement. Des blogueurs militaires russes ont affirmé que l'attaque avait échoué et ont suggéré qu'elle avait été menée à l'aide d'un drone marin.
Un symbole stratégique pour les deux camps
Long de 19 km, le pont de Crimée a été construit après l'annexion de la péninsule par la Russie en 2014, sur ordre du président Vladimir Poutine. Il constitue le seul lien direct entre la Crimée et le réseau de transport russe, jouant un rôle crucial lors de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022. Les forces russes l'ont emprunté pour pénétrer dans les régions ukrainiennes de Kherson et Zaporijjia à partir de la Crimée.
Cette attaque intervient après une spectaculaire opération aérienne ukrainienne baptisée "Toile d'araignée", lancée dimanche, qui a visé plusieurs aérodromes militaires russes à l'aide de drones, détruisant ou endommageant des bombardiers à long rayon d'action capables de transporter des charges nucléaires.
Le SBU a déclaré : "Nous avons frappé le pont de Crimée à deux reprises précédemment, en 2022 et 2023. Aujourd'hui, nous avons perpétué cette tradition sous l'eau." Cette nouvelle frappe souligne la détermination de Kiev à cibler des infrastructures symboliques et stratégiques, malgré les défenses russes.



