La Commission européenne a présenté mercredi deux options pour fournir 90 milliards d'euros à l'Ukraine sur les deux prochaines années : utiliser les avoirs russes gelés ou emprunter sur les marchés internationaux. L'exécutif européen a clairement indiqué qu'il privilégiait un « prêt de réparation » financé par les actifs souverains russes gelés en Europe en raison de la guerre menée par Moscou. Mais la Belgique, où sont détenus la majorité de ces avoirs, a exprimé de nombreuses préoccupations qu'elle estime insuffisamment prises en compte.
« Le seul langage » que Poutine comprend
« Puisque la pression est le seul langage auquel le Kremlin répond, nous pouvons aussi l'accentuer », a indiqué la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. « Nous devons augmenter le coût de la guerre pour l'agression de Poutine et la proposition d'aujourd'hui nous en donne les moyens. » La Russie a averti l'UE et la Belgique que l'utilisation de ses avoirs constituerait un vol. La Commission affirme que le mécanisme n'est pas une confiscation, car il prendrait la forme d'un prêt, que l'Ukraine ne devrait rembourser que si Moscou verse des réparations.
Complexités et perspectives
Les complexités autour du projet se sont accrues après qu'un plan en 28 points soutenu par Washington pour mettre fin à la guerre en Ukraine a proposé d'utiliser une partie des actifs dans un véhicule d'investissement conjoint américano-russe. Mais Ursula von der Leyen a dit avoir informé le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, de son intention d'avancer sur le prêt de réparation et que celui-ci avait été « positivement accueilli ».
La Commission a précisé que l'UE pourrait mettre en œuvre le dispositif si 15 des 27 États membres, représentant au moins 65 % de la population de l'Union, votaient en sa faveur. L'autre option – emprunter en utilisant le budget de l'UE – nécessiterait l'unanimité des États membres, un obstacle potentiellement difficile à franchir, le gouvernement hongrois favorable à la Russie s'étant opposé à des financements précédents pour l'Ukraine.
Sur le même sujet, Emmanuel Macron sera à Londres lundi pour « faire le point » sur les négociations et le plan de paix américains. Par ailleurs, Vladimir Poutine a déclaré que si l'Europe veut la « guerre », « nous sommes prêts dès maintenant ». Enfin, des données récentes révèlent l'ampleur des frappes russes réalisées au mois de novembre.



