L'Union européenne célèbre un tournant historique en Hongrie
L'Union européenne respire un immense soulagement après la défaite électorale de Viktor Orban, le Premier ministre hongrois souvent qualifié de "cheval de Troie" au sein des Vingt-Sept. Après des années de blocages systématiques et de positions complaisantes envers Vladimir Poutine et Donald Trump, Bruxelles voit s'éloigner un facteur de division majeur qui entravait régulièrement ses décisions.
Les félicitations affluent de toute l'Europe
Le président français Emmanuel Macron a immédiatement salué sur le réseau social X "une victoire de la participation démocratique, de l'attachement du peuple hongrois aux valeurs de l'Union européenne et de la Hongrie en Europe". Son enthousiasme est partagé par de nombreux dirigeants européens qui voient dans ce scrutin l'ouverture d'un nouveau chapitre politique.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré : "Aujourd'hui, l'Europe triomphe et les valeurs européennes l'emportent". Donald Tusk, chef du gouvernement polonais, s'est quant à lui réjoui d'une "glorieuse victoire" en lançant un vibrant "Ruszkik haza !" (Russes, rentrez chez vous !), soulignant ainsi le rejet des influences extérieures.
Un soulagement pour les institutions européennes
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé que "le cœur de l'Europe bat plus fort ce soir en Hongrie", voyant dans ce vote le signe qu'un pays "a repris son chemin européen". Cette déclaration prend tout son sens quand on se souvient qu'Orban avait régulièrement vilipendé l'exécutif européen et entravé l'agenda porté par la dirigeante allemande.
Fin mars dernier, le chancelier allemand Friedrich Merz avait dénoncé la "déloyauté" du Premier ministre hongrois qui bloquait le prêt de 90 milliards d'euros de l'UE à l'Ukraine. Pour beaucoup d'observateurs, Viktor Orban représentait "une menace directe pour la paix et la prospérité de l'Europe", comme l'a souligné le quotidien britannique The Guardian.
Les répercussions internationales
La défaite d'Orban constitue un revers significatif pour Vladimir Poutine, qui perd son principal allié au sein de l'Union européenne. Elle affecte également certains cercles conservateurs occidentaux, dont la Maison-Blanche qui avait affiché son soutien au dirigeant hongrois, notamment à travers la visite du vice-président américain J.D. Vance peu avant le scrutin.
En dehors de l'UE, les réactions sont tout aussi significatives. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a parlé d'"un moment historique, non seulement pour la Hongrie, mais aussi pour la démocratie européenne", tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué l'arrivée de Péter Magyar, y voyant "une approche constructive" victorieuse.
Les réactions des soutiens d'Orban
Les alliés du dirigeant sortant ont également réagi avec mesure. La Première ministre italienne Giorgia Meloni a félicité Peter Magyar tout en remerciant Viktor Orban pour son "intense collaboration durant toutes ces années". Jordan Bardella, président du Rassemblement national français, a rendu hommage au "grand patriote" qu'était selon lui Orban, tout en espérant que son successeur gouvernerait "dans l'intérêt exclusif de son pays".
Un réseau d'alliances qui se reconfigure
Au-delà des frontières hongroises, c'est tout un équilibre géopolitique qui se modifie. Peter Magyar, le nouveau leader, avait affirmé durant sa campagne vouloir rétablir les relations entre la Hongrie et l'Union européenne, tout en évitant soigneusement de se prononcer sur plusieurs sujets sensibles comme la politique anti-LGBTQ+ du gouvernement sortant ou le niveau de soutien à l'Ukraine.
Cette élection marque donc un tournant décisif non seulement pour la Hongrie mais pour l'ensemble du projet européen, qui retrouve une unité mise à mal par des années de tensions internes et d'obstruction systématique.



