G7 : Trump se tourne vers l'Ukraine après l'accord avec l'Iran
G7 : Trump se tourne vers l'Ukraine après l'Iran

Après l'Iran, l'Ukraine ? Alors que Washington a annoncé cette semaine la signature à venir d'un accord-cadre avec Téhéran, pour mettre fin au conflit et rouvrir le détroit d'Ormuz, le président américain Donald Trump semble reprendre de l'intérêt pour le dossier ukrainien. À Évian-les-Bains (Haute-Savoie), où le sommet du G7 s'achève ce mercredi 17 juin, les principaux leaders occidentaux ainsi que le dirigeant américain ont en effet renouvelé leur soutien à Kiev, dans une déclaration commune convenant d'une reprise des sanctions contre la Russie.

Des alliés européens "optimistes"

Une attitude saluée par les dirigeants européens : "C'est la première fois depuis l'entrée en fonction du président Trump que nous publions une déclaration commune lors d'un sommet du G7 et que nous trouvons un terrain d'entente sur les grandes questions de politique étrangère et de sécurité de notre époque", a souligné le chancelier allemand Friedrich Merz, en marge du sommet. "Je considère cela comme un véritable succès."

Au deuxième jour du sommet, mardi, les États-Unis se sont joints à la déclaration des chefs d'État du G7, prévoyant "d'accroître la fourniture à l'Ukraine de capacités de défense aérienne, de systèmes de défense et d'intercepteurs supplémentaires, ainsi que de capacités de longue portée".

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Reprise des sanctions contre le pétrole russe

L'accord vise aussi à reprendre les sanctions contre le pétrole russe, suspendues afin de soulager les prix mondiaux de l'énergie, suite aux perturbations dans le détroit d'Ormuz. "Nous allons pouvoir le faire parce que le pétrole coule à flots désormais", a répété Donald Trump, se félicitant du cessez-le-feu de 60 jours convenu avec l'Iran. Les autres membres du G7 (le Japon, la France, le Canada, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Allemagne) ont exhorté Donald Trump à tenter de sortir de l'impasse concernant la fin de la guerre en Ukraine, en organisant aux États-Unis des pourparlers entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine.

Le président ukrainien, présent au sommet du G7 à l'invitation d'Emmanuel Macron, tente lui aussi de renouer le dialogue avec Donald Trump. Volodymyr Zelensky a ainsi pu s'entretenir avec le président américain, quatre mois après leur dernier face-à-face. "Les discussions que nous avons eues entre nous et avec le président américain - tant lors de réunions officielles que lors de rencontres informelles en marge des événements - me donnent un certain sentiment d'optimisme", a rapporté Friedrich Merz.

Un "deal" sur l'Iran avec les Européens ?

En début de semaine, Donald Trump avait déclaré au sujet de la guerre en Ukraine : "Maintenant que [la guerre avec l'Iran] est terminée, nous allons nous concentrer sur ça et voir si nous pouvons régler ce problème", avant de poursuivre : "25 000 personnes meurent chaque mois, principalement des soldats. C'est inadmissible". Jusqu'ici, le président américain avait essentiellement fait pression sur l'Ukraine pour qu'elle cède des territoires à la Russie, y compris des régions qui n'ont pas encore été conquises militairement par Moscou.

Mais cette ouverture apparente de Donald Trump à exercer une pression accrue sur le président russe Vladimir Poutine pour parvenir à un accord n'est pas gratuite. Selon plusieurs analystes, le président américain pourrait envisager un accord avec les alliés européens sur le dossier ukrainien, en échange d'une aide européenne pour sécuriser le détroit d'Ormuz, selon le média Politico. D'après des hauts diplomates, "Donald Trump aurait fait pression sur ses homologues du G7 pour qu'ils soutiennent son accord avec l'Iran et offrent leur aide pour le déminage du détroit d'Ormuz avant l'arrivée du vice-président J. D. Vance à Genève pour finaliser l'accord de cessez-le-feu avec Téhéran".

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Conditions posées par Macron

Les dirigeants européens se sont en effet montrés perplexes tout au long de l'intervention américaine en Iran, en raison de l'impact du conflit sur l'économie mondiale. Emmanuel Macron a néanmoins posé quelques conditions, déclarant que le déploiement de navires démineurs devait "être demandé et souhaité par les États-Unis, puis par l'Iran et Oman, les parties concernées par l'accord". De son côté, le Vieux Continent espère lui aussi un retour en cas d'investissement aux côtés des États-Unis au Moyen-Orient : "Il y a une attente forte pour que [les États-Unis] se tiennent aux côtés de l'Ukraine et qu'ils augmentent la pression sur la Russie", a décrit au Monde un diplomate sous couvert d'anonymat, rappelant le caractère vital de cette guerre pour les Européens.

Rapport de force

La dynamique sur le terrain ukrainien pourrait également faire partie des raisons qui poussent aujourd'hui Donald Trump à trouver de nouvelles solutions pour mettre fin au conflit. "Il y a eu un changement de position de la part des États-Unis et du président Trump", a déclaré le Premier ministre canadien Mark Carney, cité par Bloomberg. "Leur position est plus ferme envers la Russie et, à notre avis, plus réaliste quant à la situation sur le terrain".

Les États-Unis semblent se rendre à l'évidence que la Russie ne peut l'emporter sur le champ de bataille - un changement important par rapport à la vision de Donald Trump concernant le conflit, après son sommet avec Vladimir Poutine à Anchorage en août 2025. Pour The Guardian, "Trump a perdu patience" face à son incapacité à imposer un accord qui aurait été défavorable à l'Ukraine. "Désireux de voir les sanctions économiques contre la Russie levées, afin que des projets tels qu'un tunnel entre l'Alaska et la Sibérie puissent enfin être envisagés", il se remet à la table des négociations.

Sommet de l'Otan

Plus tôt cette année, Donald Trump semblait s'être désintéressé de toute tentative de médiation dans le conflit opposant Kiev et Moscou, malgré sa promesse de campagne de mettre fin à la guerre "en 24 heures", s'il revenait à la Maison-Blanche. De leur côté, les diplomates européens, qui connaissent bien les revirements de Donald Trump, restent prudents. L'objectif pour les alliés européens est maintenant de tenter de maintenir Donald Trump en harmonie avec les intérêts européens, au moins jusqu'au prochain sommet de l'Otan à Ankara, le mois prochain.