FNSEA : « Les agriculteurs français n’accepteront jamais » le Mercosur
FNSEA : agriculteurs français contre Mercosur

Arnaud Rousseau, le président de la FNSEA, le premier syndicat agricole français, hausse le ton dans Midi Libre alors que la signature du Mercosur se précise, malgré l’opposition de la France. Il appelle à la mobilisation le 20 janvier à Strasbourg et se positionne face aux actions de la Coordination rurale à Paris.

Un message ferme contre l’accord Mercosur

Interrogé sur le possible vote de l’accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur le 12 janvier, Arnaud Rousseau déclare : « Les agriculteurs français n’accepteront jamais qu’on leur impose des règles si les importations ne les respectent pas. Et on ne baissera pas les bras. » Il déplore également que la France ne pèse plus en Europe, alors qu’elle possède la première agriculture du continent. « Cela montre l’isolement et la faiblesse du pays qui n’est plus un pilier européen », ajoute-t-il.

Mobilisation le 20 janvier à Strasbourg

Si le Mercosur est signé malgré l’opposition française, Rousseau appelle à une mobilisation le 20 janvier à Strasbourg, où les eurodéputés seront réunis. Il explique qu’il n’y a plus de minorité de blocage et que les chefs d’État européens auront probablement une majorité qualifiée pour voter l’accord. L’objectif est d’anticiper le « coup d’après » : la possibilité pour les eurodéputés de saisir la Cour de justice européenne pour vérifier la conformité du Mercosur au droit européen, ce qui pourrait suspendre l’accord. Rousseau invite les homologues européens à se joindre à eux devant le Parlement européen.

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Une crise de confiance dans le monde agricole

Le président de la FNSEA insiste sur l’urgence de répondre à la crise économique qui frappe les agriculteurs, notamment en Occitanie, qu’ils soient viticulteurs, producteurs de grandes cultures ou éleveurs touchés par les crises sanitaires. « Il y a une crise de confiance dans la parole publique et on ne renouvellera pas les générations si on n’a pas, au minimum, des revenus et une vision pour l’agriculture de notre pays », prévient-il. Il doute que les agriculteurs baissent la garde d’ici au Salon de l’agriculture de Paris, et estime qu’il appartient au gouvernement d’apporter des réponses, le dossier agricole étant « brûlant ».

Position vis-à-vis des actions de la Coordination rurale

Interrogé sur les actions de la Coordination rurale – qui a forcé un barrage de gendarmerie, bloqué Rodez, investi Paris et chahuté la présidente de l’Assemblée nationale – Rousseau se montre critique mais compréhensif. Il juge les propos de la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, qui dénonce des actions « illégales », comme « totalement froids ». Il affirme que la colère des agriculteurs est légitime et réelle, mais précise : « Nous ne souhaitons pas d’atteintes aux biens et aux personnes. On ne veut pas de violence envers les personnes politiques. » Il estime qu’on ne peut pas simplement condamner les débordements quand le gouvernement est incapable d’apporter des réponses.

Pas de ligne rouge pour le blocage

Rousseau n’exclut pas un blocage de Paris et de la France si les résultats ne sont pas au rendez-vous. « Si ça doit arriver, pour nous, ce n’est pas une ligne rouge. On n’exclut rien », déclare-t-il. Il souligne que ce n’est pas un caprice d’enfant gâté, mais une question de pérennité pour les fermes et la production alimentaire du pays, et que la détermination est forte.

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