Dix ans après le référendum du 23 juin 2016 qui a décidé de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les Britanniques sont de plus en plus nombreux à souhaiter un rapprochement avec le continent. Selon un sondage réalisé par l'institut YouGov pour le compte de la fondation European Movement, 55 % des personnes interrogées estiment que les relations avec l'UE devraient être plus étroites qu'actuellement. Seuls 18 % pensent qu'elles devraient rester telles qu'elles sont, tandis que 12 % souhaitent qu'elles soient plus distantes.
Un changement d'opinion significatif
Ce chiffre marque une évolution notable par rapport aux années précédentes. En 2021, un an après l'entrée en vigueur de l'accord de retrait, seuls 38 % des Britanniques étaient favorables à un renforcement des liens avec l'UE. La hausse de 17 points en cinq ans témoigne d'un certain regret face aux conséquences du Brexit, notamment économiques. Selon une étude du Centre for European Reform, le PIB britannique est inférieur de 5,5 % à ce qu'il aurait été si le pays était resté dans l'UE.
Les jeunes en première ligne
Le désir de rapprochement est particulièrement marqué chez les jeunes générations. Parmi les 18-24 ans, 72 % se disent favorables à des liens plus étroits avec l'UE, contre seulement 38 % chez les plus de 65 ans. Cette différence générationnelle pourrait influencer l'avenir des relations bilatérales, d'autant que les jeunes sont également plus enclins à soutenir une adhésion à l'UE si un nouveau référendum était organisé.
Un contexte politique tendu
Le gouvernement britannique actuel, dirigé par le Premier ministre travailliste Keir Starmer, a adopté une position prudente sur la question. Starmer a promis de "faire fonctionner le Brexit" et de ne pas revenir sur la décision de 2016, tout en cherchant à améliorer les relations commerciales avec l'UE. Un sommet entre le Royaume-Uni et l'UE est prévu pour le mois d'octobre 2026, où des accords sur la pêche et les échanges de services pourraient être signés.
Des obstacles persistants
Malgré cette volonté de rapprochement, plusieurs obstacles demeurent. La question de la libre circulation des personnes reste un point sensible pour les conservateurs, qui y voient une ligne rouge. De plus, l'UE exige le respect des règles du marché unique en échange d'un accès privilégié, ce que Londres refuse catégoriquement. Selon un diplomate européen cité par le journal, "les Britanniques veulent le beurre et l'argent du beurre, mais cela n'est pas possible".
Un impact sur la vie quotidienne
Les conséquences du Brexit se font encore sentir dans de nombreux domaines. Les entreprises britanniques font face à des formalités douanières accrues, tandis que les citoyens européens doivent désormais obtenir un visa pour séjourner plus de six mois au Royaume-Uni. Un rapport de la Chambre des communes estime que le Brexit a coûté 100 milliards de livres sterling à l'économie britannique depuis 2016.
Vers un nouveau référendum ?
L'idée d'un second référendum sur l'adhésion à l'UE gagne du terrain. Selon le même sondage YouGov, 45 % des Britanniques seraient favorables à un nouveau vote, contre 38 % qui y sont opposés. Cependant, le gouvernement Starmer a exclu cette possibilité, la jugeant "divisive et inutile". Les pro-européens continuent de militer pour un retour, mais la voie semble encore longue.



