Dans une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung, Jordan Bardella, président du Rassemblement National, affiche une position pro-européenne inattendue. Il déclare : "Oui, le président français est l’ami du chancelier allemand" et "Les relations franco-allemandes constituent le fondement de l’Europe". Il ajoute : "Nous voulons tout changer sans rien détruire", une formule qui rappelle les catéchismes des partis de gouvernement. Cependant, il réclame la démission d’Ursula Von der Leyen de la tête de la Commission européenne, une position qui pourrait être perçue comme un sport national plus qu'un clivage politique.
Gabriel Attal lance sa campagne sans l'Europe
De son côté, Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, a accordé un entretien de deux pages dans Le Parisien pour exposer ses quatre chantiers prioritaires : école, salaires, frontières et intelligence artificielle. Il a également participé au 20 Heures de TF1 pour lancer sa candidature à l'Élysée, sans mentionner l'Europe. Pourtant, lors de son premier meeting samedi, il se revendiquera pro-Européen et fera de ce sujet une différence avec Bruno Retailleau. Dans son livre En homme libre, il écrit : "J’assume d’avoir l’Europe comme cadre de pensée, quand bien même il n’est pas populaire de le dire aujourd'hui."
Ces deux approches contrastées montrent que l'Europe reste un sujet clivant dans la campagne présidentielle française, entre un RN qui cherche à rassurer et une majorité qui assume son européanisme malgré son impopularité.



