Isabelle Autissier, présidente du WWF France, a annoncé sa démission ce jeudi 28 mai 2026, après avoir été mise en cause pour avoir rendu publique sa participation à un rassemblement antiraciste organisé à Saint-Denis le week-end dernier. Cette décision fait suite à des tensions internes au sein de l'organisation environnementale, certains membres estimant que cette prise de position politique pouvait nuire à la neutralité de l'association.
Un contexte de tensions internes
La participation d'Isabelle Autissier à la marche contre le racisme, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes à Saint-Denis, a été vivement critiquée par une partie du conseil d'administration du WWF. Ces derniers considèrent que l'engagement public de la présidente dans une cause politique pourrait compromettre les relations de l'ONG avec des partenaires institutionnels et économiques. Dans un communiqué, Isabelle Autissier a expliqué : "J'ai toujours considéré que la lutte contre le racisme était indissociable de la protection de l'environnement. Cependant, je comprends que ma présence à cette marche a pu créer des malentendus. Pour préserver l'unité du WWF, j'ai choisi de démissionner."
Les réactions au sein du WWF
Le directeur général du WWF France, Jean-François Silvain, a salué le geste d'Isabelle Autissier, tout en regrettant cette situation : "Isabelle a été une présidente remarquable, engagée et visionnaire. Sa démission est une perte pour notre organisation, mais nous respectons sa décision." Certains membres de l'association ont exprimé leur soutien à la présidente démissionnaire, dénonçant une "censure" et un "manque de courage politique". Une pétition en ligne a même été lancée pour demander son maintien, recueillant plus de 10 000 signatures en quelques heures.
Un débat sur l'engagement politique des ONG
Cette affaire relance le débat sur la place de l'engagement politique au sein des organisations non gouvernementales. Si certaines ONG comme Greenpeace ou Amnesty International n'hésitent pas à prendre position sur des sujets de société, d'autres préfèrent rester neutres pour préserver leur capacité de dialogue avec tous les acteurs. Pour le WWF, qui travaille en étroite collaboration avec des entreprises et des gouvernements, la question de la neutralité est particulièrement sensible. Isabelle Autissier, connue pour ses positions tranchées sur les questions environnementales et sociales, avait déjà suscité des controverses par le passé.
La démission d'Isabelle Autissier intervient à un moment crucial pour le WWF, alors que l'organisation prépare son plan stratégique pour les années à venir. Le conseil d'administration devra désormais nommer un successeur dans les prochaines semaines. En attendant, c'est le vice-président, Pierre-Yves Le Bihan, qui assurera l'intérim.
Cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontées les ONG environnementales dans un contexte de polarisation politique croissante. Alors que les enjeux climatiques et écologiques nécessitent une mobilisation de tous, la question de l'engagement politique de ces organisations reste plus que jamais d'actualité.



