Dans un entretien accordé à Libération, Vanessa Perrée, procureure nationale contre la criminalité organisée, dresse un constat alarmant : le trafic de stupéfiants n'épargne aucun secteur de la société. « Il irradie tous les domaines, de la santé à la diplomatie », affirme-t-elle, soulignant la nécessité d'une réponse globale et coordonnée.
Un phénomène aux ramifications multiples
Selon la magistrate, le narcotrafic ne se limite plus aux quartiers sensibles. Il s'infiltre dans l'économie légale via le blanchiment d'argent, corrompt des fonctionnaires et alimente la violence armée. Les conséquences sanitaires sont également lourdes : overdose, infections, et saturation des services d'urgence. « C'est un véritable problème de santé publique », insiste-t-elle.
Des réponses insuffisantes face à l'ampleur du fléau
Vanessa Perrée déplore le manque de moyens alloués à la lutte contre ce trafic. Elle appelle à une coopération renforcée entre les services de police, la justice, les douanes et les banques. « Il faut frapper au portefeuille », explique-t-elle, en ciblant les avoirs criminels. La dimension internationale est également cruciale, car les réseaux s'étendent bien au-delà des frontières.
Un appel à la mobilisation citoyenne
La procureure invite les citoyens à ne pas banaliser la consommation de stupéfiants. « Chaque achat finance des réseaux criminels », rappelle-t-elle. Elle préconise une politique de prévention renforcée, notamment auprès des jeunes, et une meilleure prise en charge des addictions. « Nous devons sortir de l'approche purement répressive pour adopter une stratégie globale », conclut-elle.



