Un député tunisien déclenche une tempête politique avec des propos controversés
Une violente controverse a éclaté, mardi, en Tunisie suite aux déclarations choquantes d'un député concernant les migrantes originaires d'Afrique subsaharienne. Ces propos ont été tenus lors d'une séance parlementaire spécialement consacrée aux questions migratoires, un sujet particulièrement sensible dans le pays.
Des déclarations jugées « rétrograde » et dangereuses
Intervenant lundi à l'Assemblée des représentants du peuple, Tarak Mahdi, élu de la circonscription de Sfax, a évoqué ce qu'il a qualifié de « menace pour la paix sociale » liée selon lui à l'immigration irrégulière. Le parlementaire a affirmé sans ambages que « ces gens-là, il faut qu'ils partent coûte que coûte », dans un contexte où la question migratoire alimente régulièrement et intensément le débat public tunisien.
Au cours de son échange avec le ministre de l'Intérieur, le député a également fait référence à des accusations de violences visant spécifiquement des migrantes subsahariennes. Il a déclaré, provoquant des rires dans l'hémicycle : « Qu'une Africaine soit violée, cela n'arrive pas, il y a suffisamment de beauté en Tunisie ».
Une condamnation unanime des organisations de défense des droits
La diffusion rapide et massive de cette séquence sur les réseaux sociaux a entraîné une avalanche de réactions indignées et de nombreuses condamnations officielles. La Ligue tunisienne des droits de l'Homme a immédiatement dénoncé une déclaration qu'elle a qualifiée de « grave et choquante émanant d'un député et prononcée sous la coupole ».
L'organisation a estimé que ces propos « constituent l'expression explicite d'une mentalité rétrograde qui justifie la violence et banalise le crime de viol », soulignant la gravité exceptionnelle de telles paroles venant d'un élu de la nation.
Une atteinte flagrante à la dignité humaine
De son côté, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux a pointé du doigt « une atteinte flagrante à la dignité humaine et une justification grave de la violence sexuelle et du viol contre les femmes ». L'organisation a fermement dénoncé un discours qu'elle juge profondément raciste et sexiste, mettant en lumière les dangers d'une telle rhétorique dans l'espace public.
Le député tente de se justifier face aux critiques
Face à cette vague de critiques et de condamnations, Tarak Mahdi a finalement tenté de se justifier en assurant que ses propos avaient été sortis de leur contexte original. « Je n'ai jamais eu l'intention d'encourager ou de justifier le viol, ou de porter atteinte à la dignité humaine », a-t-il déclaré dans une tentative de clarification.
Le parlementaire a ajouté, dans un geste de contrition partielle : « S'il y a eu atteinte à la dignité de Tunisiennes et de Tunisiens, et atteinte à la dignité humaine quelle que soit sa nationalité, alors bien sûr je m'en excuse ». Cette tentative d'excuse partielle n'a cependant pas suffi à calmer la polémique qui continue d'enfler dans le pays.



