Inquiétude sur l'état de santé d'Aung San Suu Kyi, son fils demande une preuve de vie
Suu Kyi : inquiétude et demande de preuve de vie

L'ancienne dirigeante birmane Aung San Suu Kyi est-elle vivante ? Son fils s'est dit inquiet mardi de l'état de santé de sa mère, assignée à résidence par la junte au pouvoir en Birmanie, demandant à la France de relayer sa demande d'« une preuve de vie vérifiée de source indépendante ». Le chef de la junte birmane, récemment devenu président, a ordonné jeudi dernier que l'ancienne dirigeante élue, emprisonnée depuis 2021 et aujourd'hui âgée de 80 ans, purge le restant de sa peine assignée à résidence.

Reçu mardi par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, le fils de la prix Nobel de la paix 1991, Kim Aris, lui a remis une lettre adressée au président Emmanuel Macron demandant que la France se joigne à son « appel afin que nous obtenions une preuve de vie vérifiée de source indépendante, et que ses droits fondamentaux soient garantis : des soins médicaux appropriés, l'accès à ses avocats et à sa famille ».

Une photo non datée diffusée par l'armée

« Ce sont des droits reconnus à toute personne condamnée dans le monde entier, et ils devraient être garantis à tous les prisonniers » en Birmanie, ajoute-t-il dans ce courrier consulté par l'AFP. « Nous n'avons aucune preuve de vie, aucune photo depuis des années, aucun indice même qu'elle a été réellement transférée », a détaillé à l'AFP l'un de ses avocats François Zimeray, présent au Quai d'Orsay.

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Une photo, non datée, a été diffusée jeudi par le service d'information de l'armée birmane « mais on ne sait pas si elle est vraie ou si c'est de l'IA », fait-il valoir. « Nous n'imaginons pas qu'elle ne soit plus en vie, mais pourquoi est-elle maintenue au secret absolu, en violation de toutes les conventions internationales ? Nous avons des craintes sur sa santé », a ajouté son autre conseil, Catalina de la Sota.

Condamnation à plus de 30 ans de prison

La famille d'Aung San Suu Kyi alerte régulièrement sur la dégradation de l'état de santé de cette figure historique de la lutte contre la dictature militaire, détenue depuis un coup d'Etat qui a renversé son gouvernement en 2021. Elle a été condamnée à plus de 30 ans de prison pour des chefs d'accusation allant de corruption à la violation des réglementations liées au Covid-19. Une grâce accordée en 2023 pour certains des crimes retenus contre elle a abouti à réduire sa peine à 27 ans.

Jeudi, le nouveau chef de l'Etat birman, Min Aung Hlaing, qui avait été à la tête du coup d'Etat de 2021, a déclaré qu'il « commuait le reste de la peine » d'Aung San Suu Kyi « en assignation à résidence ». Le lieu n'a pas été précisé. Washington a appelé vendredi à sa libération « immédiate » et demandé au régime de « veiller à ce que Aung San Suu Kyi bénéficie d'un accès adéquat aux soins médicaux ».

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