La militante tunisienne des droits humains Sihem Bensedrine a été condamnée à 25 ans de prison, le 26 juin 2026, par le tribunal de première instance de Tunis. Cette peine, prononcée pour « complot contre la sécurité de l’État », a immédiatement provoqué une vague de condamnations de la part des organisations de défense des droits de l’homme.
Une peine sévère pour une militante de longue date
Sihem Bensedrine, 65 ans, est une figure emblématique de la société civile tunisienne. Ancienne présidente de l’Instance vérité et dignité (IVD), elle a été reconnue coupable d’avoir participé à un réseau visant à déstabiliser l’État. Selon l’accusation, elle aurait fourni des informations à des médias étrangers pour nuire à l’image de la Tunisie. La défense a dénoncé un procès politique, affirmant que les preuves étaient « fabriquées de toutes pièces ».
Les réactions internationales
Amnesty International a qualifié ce verdict de « parodie de justice ». « Condamner une militante des droits humains à 25 ans de prison est un acte d’intimidation sans précédent », a déclaré la directrice de l’ONG pour l’Afrique du Nord. Human Rights Watch a également exprimé son « profond choc », appelant la communauté internationale à faire pression sur Tunis.
Un contexte de répression croissante
Cette condamnation s’inscrit dans un durcissement du régime du président Kaïs Saïed, qui a dissous le Parlement en 2021 et renforcé le contrôle sur la société civile. Depuis, plusieurs opposants et journalistes ont été emprisonnés. En 2025, le pays a été classé 85e sur 180 par Reporters sans frontières pour la liberté de la presse, contre 72e en 2023.
Sihem Bensedrine avait déjà été arrêtée en 2023 pour « atteinte à la sécurité extérieure de l’État », mais avait été relâchée sous caution. Sa nouvelle condamnation pourrait mettre fin à sa carrière militante. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel.



