À peine le feu vert gouvernemental annoncé, les associations de défense animale contre-attaquent. Opposées depuis des mois au transfert des orques Wikie et Keijo vers le Loro Parque de Tenerife, elles dénoncent une décision prise dans l’urgence et contraire, selon elles, à l’esprit de la loi française interdisant les spectacles de cétacés. En France comme en Espagne, elles promettent désormais une bataille judiciaire, politique et médiatique pour tenter d’empêcher le départ des animaux.
Une riposte organisée
En attente des autorisations CITES qui doivent valider ces transferts, les ONG promettent une riposte judiciaire et médiatique contre le transfert des orques et dauphins de Marineland vers l’Espagne. Pour Christine Ringuet, de l’association Tilikum Spirit, l’argument de l’urgence lié à l’état des bassins « existe depuis des années ». « Mais quand Marineland exploitait encore les orques, le parc assurait que tout était sous contrôle », rappelle-t-elle.
Des destinations contestées
À l’unisson avec les autres ONG, Christine Ringuet conteste la destination choisie : le Loro Parque, à Tenerife, où des spectacles avec orques et dauphins sont toujours organisés « puisque l’Espagne, contrairement à la France ne l’a pas interdit, tout comme la reproduction des orques ». « On ne voit pas la différence entre un spectacle et ce qu’ils appellent là-bas une animation pédagogique », critique la militante qui a visité il y a quelques jours le delphinarium espagnol, évoquant musique, sauts et mises en scène similaires à celles autrefois proposées à Antibes. Elle dénonce également le maintien de la reproduction au sein du parc espagnol. L’orque Morgane y a récemment donné naissance à un petit.
Les accusations des associations
Sea Shepherd accuse de son côté l’État de « céder » aux intérêts économiques du groupe propriétaire de Marineland, désireux selon l’ONG de récupérer rapidement les terrains du parc. L’association C’est Assez ! réclame la publication des autorisations CITES et des documents juridiques encadrant les transferts. Elle estime que ces déplacements pourraient contrevenir au règlement européen si les animaux sont destinés à des activités « principalement commerciales ».
Pression sur l'Espagne
Enfin, de son côté One Voice, met la pression sur l’Espagne « la dernière muraille avant ce drame ». L’ONG enjoint le gouvernement espagnol à ne pas être « complice de cette mascarade et à avoir le courage politique de refuser de perpétuer le non-sens de la captivité d’animaux sauvages sur ses propres terres ». Elle ajoute, « Avec les associations espagnoles, nous militons pour que l’Etat Espagnol refuse d’accorder le transfert, en se rangeant du côté de l’avis unanime des scientifiques de la CITES espagnole qui sont contre le transfert des animaux de Marineland à Loro Parque. »



