Dans une tribune publiée récemment, le politologue Olivier Le Cour Grandmaison a vivement dénoncé ce qu'il appelle les « Oradour coloniaux français en Algérie ». Il fait référence aux massacres perpétrés par l'armée française pendant la guerre d'Algérie, qu'il compare au massacre d'Oradour-sur-Glane perpétré par les nazis en 1944. Selon lui, la France n'a jamais pleinement reconnu ces crimes, ce qui entrave le travail de mémoire et la réconciliation.
Une comparaison historique forte
Olivier Le Cour Grandmaison, spécialiste des questions coloniales, établit un parallèle entre le village martyr d'Oradour-sur-Glane et les villages algériens détruits par l'armée française. Il cite notamment les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en 1945, ainsi que la répression sanglante de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris. Pour lui, ces événements constituent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité qui doivent être reconnus comme tels.
L'absence de reconnaissance officielle
Le politologue déplore que la France n'ait jamais officiellement reconnu ces massacres comme des crimes d'État. Il rappelle que la loi du 23 février 2005, qui vantait les « aspects positifs » de la colonisation, a été abrogée, mais que les gouvernements successifs ont évité de faire la lumière sur ces événements. Il appelle à la création d'une commission d'enquête parlementaire pour établir la vérité et à l'ouverture des archives militaires françaises.
Un appel à la justice et à la mémoire
Pour Olivier Le Cour Grandmaison, la reconnaissance de ces crimes est une condition essentielle pour une véritable réconciliation entre la France et l'Algérie. Il estime que la France doit suivre l'exemple de l'Allemagne, qui a reconnu ses crimes nazis et a entrepris un travail de mémoire approfondi. Il conclut en appelant les citoyens français à se mobiliser pour que la vérité soit faite et que justice soit rendue aux victimes.
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions mémorielles entre la France et l'Algérie, où les questions coloniales restent un sujet sensible. Les propos d'Olivier Le Cour Grandmaison suscitent des réactions contrastées, certains saluant son courage, d'autres critiquant la comparaison avec Oradour-sur-Glane.



