La prix Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi, est sortie des soins intensifs de l'hôpital Pars de Téhéran et a pu regagner son domicile, a annoncé ce lundi 18 mai sa fondation. Celle-ci met en garde contre les risques pesant sur sa santé en cas de réincarcération.
Un état de santé gravement détérioré
Narges Mohammadi, âgée de 54 ans, avait été transférée en urgence à l'hôpital début mai après avoir été victime d'une crise cardiaque. Son état de santé s'était gravement détérioré après son arrestation en décembre. Elle avait été libérée sous caution le 10 mai pour être soignée par son équipe médicale personnelle.
Sa fondation précise que son état de santé est « directement lié à une pression psychologique sévère et prolongée, à une anxiété chronique et à un stress intense ».
Des risques persistants
Sa fille Kiana Rahmani, coprésidente de la Fondation Narges, a déclaré : « Elle doit se reposer et continuer d'être suivie médicalement, ce qui nécessite qu'elle reste en dehors de la prison. Toutes les charges retenues contre elle doivent être abandonnées, et elle ne doit plus jamais être réincarcérée. »
La fondation souligne que « après plus de dix ans d'emprisonnement, son corps n'a plus la capacité physique de supporter la moindre tension supplémentaire ni d'endurer de nouvelles conditions de stress ». Narges Mohammadi a « besoin de repos et de soins dédiés dans un environnement calme, totalement exempt de tout facteur de stress externe ».
Un parcours de militante
Narges Mohammadi, récompensée par le prix Nobel de la paix en 2023 pour plus de deux décennies de militantisme, a été arrêtée le 12 décembre à Mashhad, dans l'est du pays, après avoir critiqué les autorités religieuses iraniennes lors d'une cérémonie funéraire. Incarcérée à la prison de Zanjan, au nord de l'Iran, elle avait été transférée début mai dans un hôpital de la région après une crise cardiaque.
En février, elle a été condamnée à six années de prison pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi d'emprisonnement pour propagande contre le système islamique de l'Iran. Ces 25 dernières années, Narges Mohammadi a été à plusieurs reprises incarcérée pour son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire strict imposé aux Iraniennes.



