Des associations de défense des droits humains tirent la sonnette d'alarme face à ce qu'elles qualifient d'« accélération dramatique » de la peine de mort en Iran. Selon un rapport publié ce lundi, plus de 400 personnes auraient été exécutées dans le pays depuis le début de l'année 2026, un chiffre en forte augmentation par rapport à l'année précédente.
Une hausse spectaculaire des exécutions
Les organisations, dont Amnesty International et Human Rights Watch, dénoncent une utilisation croissante de la peine capitale comme outil de répression par le régime iranien. « Nous assistons à une véritable hécatombe », a déclaré un porte-parole d'Amnesty. « Les autorités iraniennes exécutent des prisonniers à un rythme effréné, souvent après des procès inéquitables et sans respect des garanties judiciaires fondamentales. »
Selon les données collectées, le nombre d'exécutions a bondi de 30 % par rapport à la même période l'an dernier. La majorité des condamnés à mort sont des hommes, mais le rapport note également une augmentation des exécutions de femmes et de mineurs au moment des faits.
Des motifs souvent politiques
Les associations soulignent que de nombreuses exécutions sont liées à des motifs politiques, notamment des accusations de « guerre contre Dieu » ou de « corruption sur terre », des chefs d'inculpation vagues et largement critiqués par la communauté internationale. « Le régime iranien utilise la peine de mort pour éliminer ses opposants et semer la terreur parmi la population », a ajouté un expert de Human Rights Watch.
Le rapport mentionne également des exécutions de masse dans les prisons, où les autorités auraient procédé à des pendaisons collectives sans préavis. Des témoignages de familles de détenus font état de corps rendus sans que les proches aient pu assister aux funérailles.
Une communauté internationale impuissante
Malgré les condamnations répétées de l'ONU et de l'Union européenne, la situation ne semble pas s'améliorer. Les sanctions internationales n'ont pas réussi à freiner la répression en Iran. « Il est temps que la communauté internationale prenne des mesures plus fermes, comme l'imposition de sanctions ciblées contre les responsables de ces exécutions », a plaidé un responsable d'une ONG.
Les associations appellent également les grandes puissances à faire pression sur Téhéran pour qu'il ratifie le deuxième protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort.
Des chiffres qui pourraient être encore plus élevés
Les organisations estiment que le nombre réel d'exécutions pourrait être bien supérieur aux chiffres officiels, en raison du manque de transparence du régime iranien. « De nombreuses exécutions ont lieu dans le secret, sans que les familles ni les avocats en soient informés », a souligné un enquêteur.
La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a exprimé sa « profonde préoccupation » et a réitéré son opposition à la peine de mort en toutes circonstances. Paris appelle l'Iran à respecter ses engagements internationaux et à mettre fin à ces pratiques.
Alors que la répression s'intensifie, les associations de défense des droits humains redoublent d'efforts pour documenter les exécutions et sensibiliser l'opinion publique. « Chaque vie compte, et nous ne cesserons de dénoncer ces atrocités », a conclu le porte-parole d'Amnesty.



