Deux groupes criminels brésiliens classés terroristes par les États-Unis
Brésil : deux groupes criminels classés terroristes par Washington

Les États-Unis ont officiellement classé deux des plus puissantes organisations criminelles du Brésil comme organisations terroristes étrangères, une décision sans précédent qui pourrait avoir des répercussions majeures sur la lutte contre le crime organisé en Amérique latine.

Une décision historique de Washington

Le département d'État américain a annoncé vendredi l'inscription du Premier commando de la capitale (PCC) et du Comando Vermelho sur sa liste noire des organisations terroristes. Cette classification permet aux autorités américaines de geler leurs avoirs, d'interdire toute transaction financière avec ces groupes et de poursuivre leurs membres pour soutien au terrorisme.

Le PCC, fondé dans les prisons de São Paulo dans les années 1990, est aujourd'hui considéré comme la plus grande organisation criminelle du Brésil, avec une présence dans tout le pays et des ramifications internationales, notamment dans le trafic de cocaïne vers l'Europe et l'Afrique. Le Comando Vermelho, né dans les prisons de Rio de Janeiro, contrôle une part significative du trafic de drogue et d'armes dans la région.

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Des conséquences diplomatiques et judiciaires

Cette décision américaine a été accueillie avec satisfaction par le gouvernement brésilien, qui lutte depuis des années contre ces organisations sans parvenir à les démanteler. Le ministre de la Justice brésilien a salué une "reconnaissance de la menace transnationale que représentent ces groupes".

Cependant, des experts juridiques soulèvent des interrogations sur les implications de cette classification. "Cela pourrait compliquer les relations bilatérales si les États-Unis cherchent à extrader des membres de ces groupes sans passer par les procédures judiciaires traditionnelles", estime un avocat spécialisé en droit international.

Les deux organisations criminelles sont accusées de multiples exactions : meurtres, extorsions, trafic de stupéfiants et d'armes, et plus récemment, d'attaques contre des forces de l'ordre. Le PCC est notamment soupçonné d'avoir orchestré des attaques coordonnées contre des banques et des commissariats en 2023.

Une pression accrue sur le crime organisé

Les États-Unis espèrent qu'en classant ces groupes comme terroristes, ils pourront mieux entraver leurs opérations financières et logistiques. Cette mesure s'inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le narcotrafic et le crime organisé transnational, qui inclut également des sanctions contre des entreprises et des individus liés à ces organisations.

Le Brésil, de son côté, renforce sa coopération avec les agences américaines, notamment le FBI et la DEA, pour traquer les dirigeants du PCC et du Comando Vermelho. Plusieurs de leurs chefs présumés sont déjà incarcérés, mais les groupes continuent de fonctionner depuis les prisons.

Cette classification pourrait également ouvrir la voie à des poursuites aux États-Unis contre des membres de ces organisations, sur la base de lois antiterroristes. Des mandats d'arrêt internationaux pourraient être émis, et les pays qui hébergent des membres de ces groupes pourraient être soumis à des pressions diplomatiques accrues.

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